Le Burkina Faso entend renforcer ses capacités militaires au-delà de la lutte contre les groupes terroristes. Le capitaine Ibrahim Traoré l’a affirmé dimanche 27 septembre 2026, lors d’un échange avec la presse, en évoquant les changements opérés au sein des forces armées et le développement d’une industrie nationale de défense.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, le chef de l’État a placé la reconquête du territoire au centre de sa politique sécuritaire. Cette orientation s’est accompagnée d’un renforcement des effectifs, des équipements et de l’organisation des unités militaires.
Parmi les initiatives mises en avant par les autorités figure le développement de Faso Armored, une entreprise spécialisée dans la fabrication de véhicules blindés. Selon une récente déclaration d’Ibrahim Traoré, près de 300 blindés auraient été produits depuis novembre 2025. Le président a également évoqué la création et le développement d’autres entreprises liées au secteur de la défense.
Face aux journalistes, Ibrahim Traoré a insisté sur les progrès réalisés dans la structuration de l’armée. Il a notamment souligné la multiplication des bataillons et leur capacité à se déployer rapidement sur le territoire.
« Aujourd’hui, nous avons des dizaines et des dizaines de bataillons. En un claquement de doigts, on se dit de se retrouver ici, ils sont là-bas. Donc, c’est totalement différent. Sur ce volet organisationnel, on a évolué », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État a également mis en avant l’expérience acquise par les soldats au cours des opérations ainsi que l’arrivée de nouveaux équipements. Pour les autorités burkinabè, ces évolutions doivent permettre aux forces armées de mieux répondre aux défis sécuritaires du pays.
Au-delà de la lutte contre le terrorisme
Ibrahim Traoré a toutefois précisé que les ambitions militaires du Burkina Faso ne se limitent pas aux opérations contre les groupes armés. « Ça ne se limite pas uniquement au terrorisme. Ça, il faut le dire, on se prépare à des grandes guerres », a-t-il affirmé.
Le président burkinabè n’a désigné aucun adversaire ni évoqué de conflit précis. Il a plutôt présenté cette préparation comme une nécessité stratégique pour élargir les capacités de défense du pays.
Cette orientation explique, selon lui, les investissements consacrés à l’acquisition d’équipements et au développement d’une industrie militaire nationale. « C’est pourquoi nous sommes en train d’acquérir et de développer aussi notre industrie de défense », a-t-il ajouté.
À travers ces déclarations, Ibrahim Traoré met en avant une stratégie qui associe la lutte contre le terrorisme au renforcement des moyens militaires conventionnels du Burkina Faso. Reste que les résultats de cette politique dépendront notamment de la capacité des forces armées à traduire ces investissements et ces réorganisations en gains sécuritaires sur le terrain.
