La tension monte d’un cran entre Washington et Téhéran après une deuxième nuit consécutive de frappes américaines contre l’Iran. Le commandement Khatam al-Anbiya, principale structure militaire conjointe iranienne, a averti que tout pays ou toute base utilisée comme point d’appui par les forces américaines serait désormais considérée comme une cible légitime.
Cette mise en garde a été diffusée sur Telegram peu après l’annonce par le Commandement central américain (CENTCOM) d’une nouvelle série d’opérations militaires visant à réduire la capacité de l’Iran à menacer la navigation dans le détroit d’Ormuz.
L’escalade fait suite à des attaques iraniennes contre trois navires marchands dans le détroit d’Ormuz, les 6 et 7 juillet. Parmi ces navires figure un pétrolier battant pavillon des Îles Marshall.
En réaction, le CENTCOM a annoncé avoir frappé plus de 80 cibles en Iran mardi soir. Depuis Ankara, où il participait au sommet de l’OTAN, le président américain Donald Trump a déclaré que le protocole d’accord conclu en juin avec Téhéran était désormais « terminé », tout en laissant ouverte la possibilité de nouvelles discussions.
Cet accord avait permis une suspension des hostilités en échange de la levée du blocus naval américain et de la réouverture du détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole.
De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères a assuré que Téhéran prendrait « toute mesure » nécessaire pour défendre sa sécurité nationale. Washington a également rétabli les sanctions visant les exportations pétrolières iraniennes, suspendues après l’accord de juin.
Des frappes signalées autour de sites stratégiques
Des explosions ont été rapportées dans la province de Bushehr, où se trouve l’unique centrale nucléaire civile iranienne. Selon l’agence Mehr, les installations nucléaires n’auraient subi aucun dégât.
D’autres explosions ont été signalées à Sirik, Chabahar, Konarak et sur l’île de Kish, dans la zone du détroit d’Ormuz, entraînant l’activation des systèmes de défense aérienne iraniens.
L’armée iranienne a annoncé la mort de huit militaires dans les secteurs de Bandar Abbas et Bushehr, selon l’agence officielle IRNA.
À Bahreïn, où est basée la Ve flotte américaine, les autorités ont déclenché plusieurs alertes et demandé aux habitants de rejoindre des zones sécurisées. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a affirmé sur les réseaux sociaux que « l’ère de l’intimidation et de l’extorsion est terminée ».
