À Milan, l’une des mosaïques les plus célèbres de la Galerie Victor-Emmanuel II fait à nouveau parler d’elle. Les parties intimes du célèbre taureau représenté au sol de la galerie sont actuellement en restauration après avoir été fortement détériorées par des milliers de touristes venus perpétuer une tradition devenue incontournable dans la capitale lombarde.
Située au cœur de la galerie historique qui fait face au Dôme de Milan, cette mosaïque attire chaque jour une foule de visiteurs venus tenter leur chance. Selon une croyance populaire très répandue en Italie, il suffit de poser le talon sur les parties intimes du taureau puis d’effectuer trois tours sur soi-même dans le sens des aiguilles d’une montre pour attirer la bonne fortune.
Au fil des années, ce rituel touristique a cependant fini par provoquer une importante usure des carreaux roses composant cette partie de la mosaïque. Les autorités locales expliquent que des milliers de personnes reproduisent quotidiennement ce geste qui fragilise progressivement l’œuvre.
Le taureau, réalisé en mosaïque bleue et beige, représente l’emblème de la ville de Turin, ancienne première capitale de l’Italie. Il fait partie des quatre armoiries visibles sur le sol de la galerie milanaise, chacune symbolisant une grande ville italienne.
Face à l’état de dégradation avancé de l’œuvre, une nouvelle opération de restauration a été lancée. Le chantier est dirigé par le spécialiste Gianluca Galli, déjà intervenu sur cette mosaïque par le passé. Le restaurateur travaille actuellement à partir des matériaux et dessins d’origine conservés dans les archives historiques de la galerie.
Selon lui, les nouvelles pierres sont taillées à la main afin de respecter fidèlement le modèle initial. Contrairement aux anciennes techniques utilisées à l’époque de la construction de la galerie, la restauration actuelle repose toutefois sur des résines époxy plus résistantes, capables de supporter à la fois le passage constant des visiteurs et les opérations de nettoyage.
Cette situation rappelle d’autres œuvres célèbres fragilisées par des gestes répétés de touristes à travers le monde. À Paris, le buste de Dalida présente également des traces d’usure liées aux superstitions populaires, tout comme la statue de Molly Malone à Dublin.
À Milan, malgré les dégâts causés au fil des années, la tradition autour du taureau continue d’attirer des visiteurs du monde entier. Entre folklore populaire, superstition et patrimoine historique, la mosaïque reste l’un des symboles incontournables de la célèbre Galerie Victor-Emmanuel II.
