Revirement de situation dans le golfe Persique. Vingt-quatre heures après avoir annoncé une ouverture complète du détroit d’Ormuz, l’Iran a rétabli ce samedi 18 avril « le contrôle strict » de cette voie stratégique. Cette nouvelle orientation intervient en réaction à la poursuite du blocus américain des ports iraniens, dénoncé par Téhéran comme un acte de « piraterie ».
Dans un communiqué du commandement des forces armées iraniennes Khatam Al-Anbiya, relayé par la télévision d’État, l’Iran explique avoir « accepté de bonne foi d’autoriser le passage d’un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux ». Mais selon Téhéran, les Américains, « violant leur engagement, continuent de se livrer à des actes de piraterie sous couvert du soi-disant blocus ».
« Pour cette raison, le contrôle du détroit d’Ormuz est revenu à son état antérieur, et ce passage stratégique est désormais placé sous le contrôle strict » de l’Iran, ajoute le communiqué.
Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, est l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde. Environ 20 % du pétrole brut consommé dans le monde y transite chaque jour. Une fermeture, même partielle, pourrait provoquer une flambée des prix des hydrocarbures et des tensions sur les marchés mondiaux.
Cette annonce intervient dans un contexte de regain de tensions entre Téhéran et Washington. Les États-Unis ont renforcé ces dernières semaines leur dispositif naval dans la région du Golfe, tandis que l’Iran multiplie les menaces de représailles.
La communauté internationale suit la situation avec inquiétude. Les pays dépendants des approvisionnements énergétiques du Golfe, notamment les nations asiatiques et européennes, craignent une escalade aux conséquences imprévisibles. Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été communiquée par Washington ou les grandes puissances maritimes.

