La violence continue de frapper l’est de la République démocratique du Congo. Au moins 36 personnes ont été tuées depuis le mardi 5 mai dans plusieurs attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Selon des sources locales et sécuritaires relayées par RFI et l’AFP, les premières attaques ont visé dans la nuit de mardi à mercredi plusieurs villages situés dans la chefferie de Beni-Mbau, au Nord-Kivu. Les localités de Manzungu, Musamba, Wasafi et Mangambo ont été particulièrement touchées.
Des responsables locaux évoquent un bilan de 24 civils tués, principalement des agriculteurs surpris dans leurs champs ou à leur domicile. Plusieurs habitants restent également portés disparus. Des sources sécuritaires ont, pour leur part, confirmé au moins 21 morts.
La situation s’est aggravée jeudi avec une nouvelle attaque à Biakato, dans le territoire de Mambasa, en Ituri. D’après la société civile locale, des combattants ADF ont fait irruption dans les habitations avant d’ouvrir le feu et de tuer plusieurs habitants à l’arme blanche.
« Nous avons déjà récupéré 15 corps, don’t trois femmes, onze hommes et un enfant », a indiqué un responsable local cité par l’AFP. Le bilan a été confirmé par des sources sécuritaires présentes dans la zone.
Ces attaques surviennent dans une région marquée depuis plusieurs années par l’activisme des ADF, groupe armé d’origine ougandaise ayant prêté allégeance à l’organisation État islamique en 2019.
Malgré l’opération militaire conjointe « Shujaa » lancée en 2021 entre les armées congolaise et ougandaise, les violences persistent dans cette partie du pays couverte par une dense forêt tropicale.
Les organisations de défense des droits humains accusent régulièrement les ADF d’exactions contre les civils, notamment des enlèvements, des massacres, des violences sexuelles et l’enrôlement forcé d’enfants.
Début avril déjà, 43 personnes avaient été tuées dans une autre attaque attribuée au groupe armé en Ituri, ravivant les inquiétudes autour de l’expansion de leur zone d’influence dans l’est congolais.
