Retrait de la CPI : le Mali et le Burkina Faso emboîtent le pas au Niger

Après le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont officiellement notifié leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI) au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Les notifications, datées du 24 juin et enregistrées le 30 juin par les services de l’ONU, déclenchent la procédure prévue par le Statut de Rome, traité fondateur de la juridiction internationale.

Les trois États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) confirment ainsi une position annoncée de longue date. Dans leurs communications, les gouvernements concernés dénoncent le fonctionnement de la CPI, qu’ils accusent de manquer d’impartialité et de subir des influences politiques dans le traitement des questions liées aux droits humains.

Ils défendent, dans le même temps, une volonté de renforcer leur souveraineté judiciaire et d’orienter le traitement des crimes graves vers des mécanismes qu’ils estiment plus adaptés à leurs réalités sécuritaires nationales.

Une rupture juridique encadrée

Malgré cette décision politique, le retrait ne produit pas d’effet immédiat. Conformément à l’article 127 du Statut de Rome, toute dénonciation prend effet un an après sa notification officielle au secrétaire général des Nations unies.

Durant cette période transitoire, les trois pays restent juridiquement liés à leurs obligations envers la CPI, notamment pour les enquêtes et procédures déjà en cours.

Cette sortie s’inscrit dans la continuité d’une annonce commune faite le 22 septembre 2025 par le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Les trois États avaient alors exprimé leur intention de quitter le Statut de Rome, dénonçant une institution jugée « instrumentalisée » et « éloignée de ses principes fondateurs ».

Les notifications désormais transmises à l’ONU constituent donc l’aboutissement formel de cette orientation politique.

Une nouvelle configuration régionale

Créée en 1998 et entrée en vigueur en 2002, la CPI est chargée de poursuivre les auteurs de crimes graves lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne veulent pas agir.

Avec ce retrait coordonné, les trois pays du Sahel poursuivent leur rapprochement au sein de l’AES, une alliance qui entend renforcer la coopération politique, sécuritaire et judiciaire entre ses membres.

Sauf changement de position, le Mali, le Burkina Faso et le Niger devraient donc quitter officiellement la CPI dans un délai d’un an, conformément aux dispositions du traité.

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