Sénégal : la police porte un coup dur à un réseau de proxénétisme

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a annoncé le démantèlement d’un réseau présumé d’exploitation sexuelle à Kédougou, dans le sud-est du Sénégal. Deux personnes ont été déférées au parquet du Tribunal de grande instance de Kédougou le 22 juillet 2026.

Les suspects sont poursuivis pour association de malfaiteurs, exploitation d’un débit de boissons sans autorisation administrative, proxénétisme, traitée de personnes à des fins d’exploitation sexuelle et de travail, ainsi que complicité de traite de personnes.

L’affaire a débuté le 20 juillet, lorsqu’un signalement anonyme a alerté les enquêteurs de la présence d’une jeune Nigériane présumée victime d’un réseau d’exploitation dans le quartier de Lafia, à Kédougou.

Les investigations ont conduit les policiers à identifier un système organisé impliquant deux femmes. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’une d’elles aurait organisé le voyage clandestin de la victime depuis le Nigeria jusqu’au Sénégal, en lui imposant une dette d’un million de francs CFA présentée comme des frais de transport.

La seconde suspecte, propriétaire d’un bar clandestin à Lafia, aurait hébergé la victime et l’aurait contrainte à se prostituer. Les revenus générés étaient en partie reversés à la première mise en cause par transfert Mobile Money, après déduction d’un loyer mensuel.

Deux victimes secourues

Les enquêteurs ont d’abord procédé à l’interpellation de la suspecte de Lafia et à la mise en sécurité de la première victime. Lors de son audition, la femme a reconnu les faits qui lui sont reprochés et a accepté de collaborer avec les forces de l’ordre.

Cette coopération a permis aux agents de la DNLT d’intervenir dans le quartier de Kharakhéna, où la présumée responsible du réseau a été arrêtée. Une deuxième victime de nationalité étrangère y a également été identifiée et prise en charge.

Selon les autorités, la principale suspecte a reconnu avoir exigé un million de francs CFA de la première victime et avoir déjà perçu 700 000 francs CFA. Une partie de cette somme aurait été envoyée à sa famille au Nigeria, le reste ayant servi à ses dépenses personnelles.

L’enquête indique également que la victime aurait été soumise à une double exploitation. D’abord contrainte de travailler sans rémunération dans un restaurant pendant la journée, elle était ensuite forcée de se prostituer durant la nuit afin de rembourser sa prétendue dette.

Les suspects présentés à la justice

À l’issue des gardes à vue et de l’enquête préliminaire, les deux personnes mises en cause ont été présentées au parquet pour l’ouverture de poursuites judiciaires.

La Police nationale sénégalaise rappelle poursuivre sa lutte contre la traite des personnes et invite les citoyens à signaler toute situation suspecte via le numéro vert 800 00 17 00.

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