Au Sénégal, le journaliste René Capain Bassène a retrouvé la liberté après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle accordée mardi par les autorités sénégalaises. Il a quitté la prison de Dakar mercredi, après plusieurs années de détention dans une affaire qui avait suscité de nombreuses réactions au sein des organisations de défense de la presse.
René Capain Bassène avait été condamné à la prison à perpétuité dans le dossier lié au massacre de 14 bûcherons survenu en janvier 2018 dans la forêt de Bayottes, en Casamance. Située au sud du Sénégal et séparée du reste du pays par la Gambie, cette région vit depuis plusieurs décennies sous l’emprise d’une rébellion indépendantiste toujours active.
Durant toute la procédure, le journaliste avait toujours contesté les accusations portées contre lui. Son dossier avait également été dénoncé par plusieurs organisations internationales de défense des droits humains et de la liberté de la presse.
Le Comité pour la protection des journalistes a salué cette décision des autorités sénégalaises. Le représentant de l’organisation en Afrique francophone a estimé que cette grâce présidentielle venait corriger « une grave erreur judiciaire » contre un journaliste engagé depuis plusieurs années dans les questions liées au conflit en Casamance.
Selon le CPJ, l’examen des documents judiciaires ainsi que plusieurs témoignages recueillis auprès de René Capain Bassène, de ses coaccusés et de témoins auraient mis en évidence des irrégularités importantes dans l’enquête menée contre lui.
Cette libération intervient dans un contexte où les questions de justice, de liberté de la presse et de réconciliation restent sensibles au Sénégal, notamment autour du conflit casamançais qui dure depuis plus de quarante ans.
