Le lancement de Kiiraay – Les Patriotes Républicains n’a pas seulement été celui d’un nouveau parti. Dans un discours solennel, le président Bassirou Diomaye Faye a profité de l’occasion pour adresser plusieurs messages à la classe politique sénégalaise. Mises en garde, appels à un exercice renouvelé du pouvoir, il a multiplié les interventions sans jamais citer directement ses cibles.
La première séquence forte de son intervention a concerné la place des institutions dans la vie publique. « Les hommes passent, mais les institutions restent », a déclaré le chef de l’État, rappelant que la solidité de la République repose avant tout sur des institutions fortes et respectées. Une déclaration perçue comme un avertissement contre toute démarche susceptible de fragiliser les fondements institutionnels du pays.
Bassirou Diomaye Faye a également insisté sur la primauté de la Nation sur les intérêts partisans. Revenant sur le serment prêté lors de son investiture, il a affirmé qu’aucun parti politique, y compris celui qu’il lançait ce jour-là, ne pouvait être placé au-dessus de son engagement envers les Sénégalais. « La Nation est au-dessus de nous, la Patrie est au-dessus de nous », a-t-il déclaré.
Le président a aussi abordé la question des violences politiques. Sans faire référence à des événements précis, il a dénoncé un climat où « des mots qui blessent » deviennent fréquents et où les affrontements politiques ont déjà coûté des vies. Il a appelé les acteurs publics à faire en sorte que « plus jamais un désaccord politique ne coûte une vie au Sénégal ».
Concernant le fonctionnement de Kiiraay – Les Patriotes Républicains, Bassirou Diomaye Faye a posé plusieurs principes. Il souhaite une organisation où l’éthique domine les ambitions personnelles, où les responsabilités représentent des devoirs et non des récompenses, et où les idées peuvent s’affronter sans attaques contre les personnes.
« L’adversaire d’un jour reste un frère de toujours », a-t-il lancé, appelant à un débat politique plus respectueux. À ceux qui voudraient rejoindre son parti, il a adressé un avertissement : « Ouverte ne veut pas dire offerte ». Une formule destinée à rappeler que l’adhésion devra reposer sur des valeurs communes et non sur des opportunités politiques.
Enfin, le chef de l’État s’est adressé aux Sénégalais déçus par la politique ou éloignés de son camp. Il leur a promis une action publique au service de tous les citoyens, sans distinction d’appartenance politique.
Ce discours a permis à Bassirou Diomaye Faye de dessiner les contours de son projet. Il a affirmé son attachement aux institutions, sa préférence pour l’intérêt national, son opposition aux violences politiques et sa volonté d’une gouvernance plus vertueuse. La naissance de Kiiraay constitue donc à la fois un événement politique et un signal adressé à tout l’échiquier politique sénégalais.
