Sénégal : Ousmane Sonko écarte toute crise avec Bassirou Diomaye Faye

Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a rejeté toute idée de conflit avec le président Bassirou Diomaye Faye. Dans un entretien accordé à Al Jazeera le dimanche 12 juillet 2026, il a assuré qu’aucune lutte de pouvoir ne se jouait au sommet de l’État.

Interrogé sur la répartition des responsabilités entre les institutions, Ousmane Sonko a décrit un fonctionnement qu’il juge conforme à la Constitution. Selon lui, « le président détermine la politique de la nation et la fait exécuter par le gouvernement », tandis que « l’Assemblée nationale contrôle la mise en œuvre de ces politiques et les évalue ». Il a rappelé que le chef de l’État signe les décrets alors que le Parlement vote les lois.

Cette intervention est intervenue quelques jours après une décision majeure du Conseil constitutionnel. Le 9 juillet, la juridiction a annulé la loi de révision constitutionnelle adoptée le 29 juin par l’Assemblée nationale. Le texte, porté par la majorité parlementaire de Pastef, modifiait une trentaine d’articles de la Constitution, dont une disposition interdisant au président de la République en exercice de diriger un parti politique.

Le Conseil constitutionnel, saisi par le président Bassirou Diomaye Faye, a motivé sa décision par deux irrégularités de procédure : l’absence de ressources prévues pour financer les nouvelles institutions créées par la réforme et le non-respect des règles encadrant le vote bloqué demandé par le gouvernement.

Malgré ce revers, Ousmane Sonko refuse d’y voir une crise institutionnelle. « Vous ne devriez pas utiliser le mot crise car il n’y en a pas et il n’y en aura pas », a-t-il déclaré.

Le président de l’Assemblée nationale estime que les tensions évoquées dans le débat public proviennent essentiellement d’anciens adversaires politiques, soutenus selon lui par une partie de la société civile et certains médias internationaux.

Quelques jours auparavant, il avait déjà indiqué que la décision du Conseil constitutionnel « s’impose à tous », tout en affirmant que l’Assemblée nationale continuerait d’exercer pleinement ses prérogatives. La majorité parlementaire devra désormais décider si elle relance ou non le projet de révision constitutionnelle en respectant les exigences fixées par les juges constitutionnels.

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