La crise politique entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye continue de s’intensifier. Interrogé ce lundi 15 juin lors d’un entretien accordé à France 24 et RFI, le leader du Pastef a indiqué que la question d’une éventuelle exclusion du chef de l’État du parti serait examinée « le moment venu » par les instances compétentes.
Refusant d’employer le terme de « trahison », Ousmane Sonko a préféré mettre en avant ce qu’il considère comme un écart entre les promesses faites aux Sénégalais et l’action actuellement menée au sommet de l’État.
« Les engagements que nous avons pris vis-à-vis du peuple sénégalais, pour la plupart, ne sont pas respectés », a-t-il déclaré. Il a estimé qu’il n’existe pas de volonté suffisante de mettre en œuvre certaines réformes défendues par le Pastef durant ses années d’opposition.
Le président de l’Assemblée nationale a toutefois insisté sur le fait qu’une éventuelle sanction contre Bassirou Diomaye Faye ne dépendrait pas de sa seule volonté. Selon lui, le Pastef dispose de textes et de procédures internes claires qui encadrent toute décision disciplinaire.
« Le parti, ce n’est pas Ousmane Sonko. Ce sont les instances qui apprécieront le moment venu », a-t-il affirmé.
Une rupture devenue officielle
Ces déclarations interviennent quelques semaines après le limogeage de Sonko du poste de Premier ministre par le président Faye, le 22 mai dernier. Ce limogeage a été accompagné de la dissolution du gouvernement.
Cette décision a consacré une rupture qui couvait depuis plusieurs mois entre les deux hommes. Ils ont longtemps été présentés comme les figures complémentaires du projet politique porté par le Pastef. Les divergences auraient notamment porté sur la gouvernance du parti, la gestion du pouvoir et le respect des engagements de campagne.
Après la formation du nouveau gouvernement dirigé par Ahmadou Al Aminou Lo, le Pastef a annoncé ne plus y être représenté. Le parti a également pris ses distances avec l’exécutif.
Réélu à la tête du Pastef le 6 juin, Ousmane Sonko dispose désormais d’un important levier politique grâce à sa fonction de président de l’Assemblée nationale, où son parti conserve la majorité parlementaire.
Cette configuration place le gouvernement dans une position délicate. Les députés peuvent en effet exercer un contrôle étroit sur l’action de l’exécutif. En cas de désaccord majeur, ils peuvent engager une procédure de censure.
L’attention se porte désormais sur la présentation prochaine du programme du gouvernement devant l’Assemblée nationale. Cette étape pourrait constituer un premier test politique majeur pour le président Bassirou Diomaye Faye face à une majorité parlementaire demeurée fidèle à Ousmane Sonko.
