Au Togo, la liberté de prendre des photos vaut-elle un séjour en prison ? Pour l’Alliance nationale pour le changement (ANC), la réponse est non. Pourtant, Honoré Sitsopé Sokpor, alias « Affectio », poète et activiste déjà arrêté en 2025, est à nouveau détenu depuis le 24 avril 2026 à la gendarmerie d’Agoè-Nyivé. Motif, il aurait pris des clichés d’un chantier public situé non loin du domicile de ses parents.
« On ne peut pas garder une personne en détention pour le motif qu’elle a pris des photos sur un chantier public », s’insurge Jean-Pierre Fabre, président de l’ANC. L’opposant dénonce un acharnement. « Il a été brutalisé et jeté par terre », affirme-t-il, avant d’ajouter que le poète n’a toujours pas été présenté à un juge, en violation de la loi togolaise qui fixe la garde à vue à quatre jours maximum.
Un symbole de l’opposition de nouveau ciblé
Arrêté une première fois l’an dernier après la publication d’un poème sur les réseaux sociaux, Affectio était devenu un symbole de la résistance citoyenne. Cette nouvelle interpellation, selon Jean-Pierre Fabre, s’inscrit dans une logique de harcèlement. « Quel est le danger de prendre des photos ? Est-ce que le site est interdit ? Tout cela ne tient pas la route », s’interroge-t-il.
Pour le président de l’ANC, cette affaire révèle un malaise plus profond. « Le Togo sait le faire depuis des décennies… brimer l’opposition et les citoyens. Nous ne sommes plus à une violation près », lance-t-il. L’ANC exige la libération immédiate d’Affectio et dénonce « un motif non valable ». Une nouvelle affaire qui risque de relancer la contestation dans un pays où la liberté d’expression reste un combat quotidien.

