Le Quai d’Orsay renoue avec Lomé. Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a posé le pied au Togo ce jeudi 23 avril au soir, mettant fin à une traversée du désert diplomatique de dix ans. Plus aucun représentant de ce rang ne s’était rendu dans la capitale togolaise depuis une décennie.
Dès son arrivée, le diplomate a été reçu par Faure Gnassingbé, avant un tête-à-tête vendredi matin avec son homologue Robert Dussey. « Une anomalie », a lâché le visiteur en évoquant cette longue absence, tout en plaidant pour un rythme de rencontres plus soutenu entre les deux pays.
Pourquoi cette visite maintenant ? Parce que Lomé est devenu incontournable. Barrot n’a pas caché l’importance qu’accorde Paris au rôle régional du Togo. Le président togolais est salué pour ses médiations, que ce soit dans la crise des Grands Lacs ou dans les turbulences sahéliennes. Un atout que la France entend bien utiliser.
Autre motif, la lutte antiterroriste. Sur ce point, Lomé et Paris partagent les mêmes inquiétudes. Le Togo, qui entretient de bonnes relations avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger), sert d’intermédiaire privilégié. La semaine dernière encore, Lomé réunissait les diplomates de ces trois pays, confirmant son rôle de passerelle entre l’AES et le reste de la planète. Un positionnement que la France, en froid avec les putschistes sahéliens, ne peut plus ignorer.

