Deux ressortissants français ont été placés sous mandat de dépôt ce lundi 17 août 2026 au Togo, après leur arrestation dans le nord du pays, où ils réalisaient un reportage. L’information a été rapportée par le quotidien togolais L’Alternative.
Les deux hommes avaient été interpellés au cours de la semaine dernière alors qu’ils effectuaient un tournage dans une région soumise à des restrictions sécuritaires renforcées.
La journaliste franco-bénino-togolaise Emmanuelle Sodji, correspondante de France 24 et TV5 Monde en Afrique de l’Ouest, a identifié les deux détenus sur le réseau social X. Il s’agirait de Sébastien Perez-Pezzani et Gaël Mocaër.
Selon ses informations, les deux réalisateurs travaillaient sur un épisode de l’émission « Les Routes de l’Impossible », diffusée sur France Télévisions et produite par Tony Comiti Productions.
Habitués aux tournages dans des environnements difficiles, Perez-Pezzani et Mocaër disposent d’une expérience dans plusieurs zones sensibles. Le premier avait notamment été arrêté au Venezuela lors d’un précédent reportage, tandis que le second a réalisé des sujets au Tchad et en Ukraine pour différentes émissions de grand reportage.
L’arrestation avait d’abord été révélée par L’Alternative, avant d’être relayée par le journaliste français Thomas Dietrich, expulsé du Togo en 2024 après avoir été arrêté alors qu’il enquêtait pour le média Afrique XXI.
Des poursuites liées au visa
D’après les informations communiquées par Emmanuelle Sodji, les deux reporters seraient poursuivis en raison du type de visa utilisé pour entrer sur le territoire togolais.
Les autorités togolaises n’ont, pour l’heure, pas communiqué publiquement sur la nature exacte des charges retenues contre eux. Aucune précision supplémentaire n’a non plus été rendue publique par les autorités françaises.
Les autorités justifient ces interpellations par la dégradation du climat sécuritaire. Depuis 2022, le nord du Togo est placé sous état d’urgence en raison de la menace jihadiste qui sévit dans la région sahélienne. Dans cette zone sous haute surveillance, les mouvements des journalistes étrangers sont strictement encadrés.
