La chute de cheveux pousse de nombreuses personnes à se tourner vers les compléments alimentaires, présentés comme des solutions pour renforcer la chevelure et stimuler la repousse. Pourtant, leur efficacité dépend avant tout de l’origine du problème. Selon le dermatologue Bruno Matard, membre de la Société française de dermatologie, ces produits présentent peu d’intérêt en l’absence de carence nutritionnelle avérée.
Des causes multiples
Perdre entre 50 et 100 cheveux par jour relève du renouvellement naturel de la chevelure. Cette perte peut s’accentuer à certaines périodes de l’année, notamment entre août et septembre. En revanche, une chute importante, persistante ou accompagnée d’une diminution de la densité capillaire nécessite un avis médical.
Le stress, une infection avec fièvre, une intervention chirurgicale ou une perte de poids rapide peuvent provoquer un effluvium télogène. Cette chute diffuse apparaît généralement deux à trois mois après l’événement déclencheur et reste le plus souvent temporaire.
Les carences nutritionnelles, notamment en fer et en zinc, peuvent également perturber le fonctionnement des follicules pileux. Certaines maladies hormonales, comme les troubles de la thyroïde, figurent parmi les causes possibles. L’alopécie androgénétique, liée à une prédisposition génétique et à la sensibilité des follicules aux androgènes, entraîne quant à elle une perte progressive des cheveux.
Des suppléments utiles sous certaines conditions
En l’absence de carence identifiée, les compléments alimentaires antichute n’ont pas démontré une efficacité convaincante dans des études cliniques robustes. Une supplémentation systématique en vitamines et en minéraux ne garantit donc ni l’arrêt de la chute ni la repousse.
Certains excès peuvent même produire l’effet inverse. Des apports trop importants en sélénium ou en vitamines A et E sont notamment susceptibles de contribuer à la perte de cheveux. Pour le dermatologue Bruno Matard, il est ainsi préférable de rechercher la cause du problème avant d’envisager une supplémentation.
Le fer mérite une attention particulière, notamment chez les femmes qui présentent des règles abondantes. Le dosage de la ferritine permet d’évaluer les réserves de l’organisme. Le zinc participe, pour sa part, à la synthèse des protéines, dont la kératine constitue l’essentiel de la fibre capillaire. Les vitamines B9 et B12 contribuent également au renouvellement cellulaire.
Une carence confirmée doit être corrigée avec un suivi médical. La récupération capillaire peut toutefois prendre plusieurs mois, voire un an selon le spécialiste. En cas d’alopécie androgénétique, des traitements adaptés, comme le minoxidil, peuvent ralentir la chute et favoriser une repousse partielle.
Privilégier le diagnostic
Après un accouchement, les variations hormonales peuvent aussi entraîner une chute temporaire des cheveux. Là encore, les compléments ne sont généralement pas nécessaires en l’absence de carence.
Une alimentation équilibrée et variée demeure essentielle à la santé capillaire. Face à une chute persistante, l’enjeu est surtout d’en identifier l’origine avant de multiplier les produits, dont les bénéfices restent incertains sans besoin nutritionnel établi.

