Se faire les ongles est devenu un véritable rituel pour une majorité de femmes. Une enquête menée par l’agence FLASHS révèle que 70 % d’entre elles dépensent chaque mois entre 20 et 50 euros pour arborer une manucure impeccable. Derrière ce geste beauté se cache une pression sociale bien plus profonde qu’il n’y paraît.
Les mains, en effet, sont scrutées. Six Français sur dix les placent parmi les trois premières choses qu’ils remarquent chez autrui. Résultat, la manucure s’est imposée comme un incontournable des tendances, au même titre que le maquillage ou les soins du visage.
« L’absence de manucure crée un sentiment d’inachevé chez beaucoup de femmes, comme si leur présentation d’elles-mêmes n’était pas complète », analyse Léa Paolacci, chargée d’étude pour FLASHS. Et le regard des autres, notamment masculin, renforce cette pression. Ainsi, 81 % des hommes jugent que des mains négligées renvoient une image peu soignée d’une femme, contre 71 % des femmes à l’égard des hommes.
Les ongles, nouveau « tue-l’amour »
Mauvaises odeurs corporelles, haleine fétide… et ongles mal entretenus. L’étude menée pour le laboratoire Poderm place désormais les mains négligées sur la liste des « tue-l’amour ». 33 % des Français avouent avoir déjà été freinés dans un rapprochement intime à cause de mains ou d’ongles jugés insuffisamment entretenus. 54 % estiment que cela pourrait les rebuter.
Dans ce contexte, huit femmes sur dix se disent « gênées, préoccupées ou négligées » lorsque leur manucure n’est plus « fraîche ». Un sentiment exacerbé par la tendance « clean girl », qui exige une apparence léchée et sans défaut. Mais derrière cette quête de perfection se cachent des risques sanitaires souvent ignorés.
Des vernis pas si anodins
Si 83 % des femmes vérifient la composition de leurs crèmes ou de leur maquillage, moins d’une sur deux fait de même pour les vernis. Pire, 30 % des sondées pensent que ces produits ne présentent aucun danger. Pourtant, certaines substances sont toxiques : toluène, acétone, camphre synthétique, xylène… Les TPO, utilisés dans les vernis semi-permanents et désormais interdits depuis septembre dernier, étaient reprotoxiques.
Autre alerte, près d’une femme sur quatre a mis du vernis pour la première fois avant l’âge de 10 ans. Des marques comme Le Rouge Français, Manucurist ou Poderm proposent néanmoins des formules sans substances nocives. Enfin, des chercheurs ont montré que l’exposition aux lampes UV des bars à ongles provoquait des mutations cellulaires similaires à celles observées dans certains cancers de la peau.

