Près de 80 millions de femmes âgées de 35 à 49 ans pourraient être confrontées à l’infertilité dans le monde d’ici 2036, selon une étude publiée le 2 juillet dans The Lancet Obstetrics, Gynaecology & Women’s Health.
Les projections estiment que le nombre de cas passera de 53,6 millions en 2023 à près de 80 millions en 2036, soit une augmentation d’environ 50 %. Les auteurs considèrent désormais l’infertilité chez les femmes en âge maternel avancé comme un enjeu majeur de santé publique.
Les chercheurs rappellent que l’un des principaux facteurs est l’âge. Avec le temps, la réserve ovarienne diminue et la qualité des ovocytes se dégrade, ce qui réduit les chances de conception et augmente le risque de fausse couche.
L’étude met également en évidence le rôle des évolutions sociales et économiques. Dans de nombreux pays, les femmes fondent une famille plus tard, souvent après 35 ou 40 ans, en raison de contraintes liées aux études, à la carrière professionnelle, à la stabilité financière ou encore à la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle.
Pour Rocío Núñez Calonge, biologiste spécialisée dans la fertilité, les progrès de la procréation médicalement assistée ne suffiront pas à inverser cette tendance.
« Il est nécessaire de s’attaquer aux facteurs sociaux qui contribuent au report de la maternité, notamment ceux liés à l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, à la stabilité économique et au soutien institutionnel à la maternité précoce », explique-t-elle.
Au-delà des femmes concernées, la question touche l’ensemble des couples. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), une personne sur six connaîtra des difficultés de fertilité au cours de sa vie, tandis que 8 à 12 % des couples en âge de procréer seront confrontés à l’infertilité.
