Le Bénin a lancé officiellement vendredi 24 avril 2026 à Cotonou les manifestations de la 19ᵉ Journée mondiale de lutte contre le paludisme. Placée sous le thème « Mettre fin au paludisme : maintenant c’est possible ; agissons maintenant », la commémoration a été l’occasion pour les autorités de réaffirmer leur ambition d’éliminer la maladie à l’horizon 2030.
Le paludisme continue de peser lourdement sur le système sanitaire béninois. Le pays enregistre environ 2 millions de cas par an, pour près de 2 000 décès annuels. La maladie reste la première cause de consultation et d’hospitalisation, et la principale cause de décès chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes.
À l’échelle mondiale, 282 millions de cas ont été recensés en 2024 pour 610 000 décès, dont 95 % en Afrique. Dans l’espace francophone, les pays concentrent 42 % des cas mondiaux et 40 % des décès. 75 % des décès liés au paludisme concernent les enfants de moins de cinq ans.
Des avancées notables dans plusieurs pays
En 2024, l’Égypte et le Cap-Vert ont été certifiés exempts de paludisme. La Guinée équatoriale a réduit ses cas de 32 %, le Ghana de 29 %, le Rwanda de 75 % et le Sénégal de 45 %.
Au Bénin, le budget national consacré à la lutte contre le paludisme a été multiplié par quatre entre 2020 et 2025. L’incidence de la maladie est passée de 21 % en 2023 à 17 % en 2024, et le fardeau global a reculé à 139 cas pour 1 000 habitants en 2024, contre 218 cas en 2022.
Le préfet du Littoral, Alain Orounla, a rappelé que le monde dispose d’outils efficaces (moustiquaires, tests rapides, traitements, vaccins). Il a mis en garde contre une baisse des financements. Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, s’est dit confiant quant à l’élimination du paludisme d’ici 2030. Une caravane de sensibilisation de quinze jours a été lancée dans plusieurs quartiers de Cotonou et d’autres localités.

