Le remplacement du professeur Ousmane Cissé à la tête de la direction générale de la Santé, acté mercredi 15 avril en Conseil des ministres, n’est pas anodin. Proche du Premier ministre Ousmane Sonko, le neurologue cède sa place à Youssouph Tine, ancien directeur régional de la santé de Ziguinchor.
Aussitôt, la branche santé du Pastef a haussé le ton. Dans un communiqué, elle dénonce un « limogeage injustifié » et s’interroge sur les « véritables motivations » de la mesure. Le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, est accusé de vouloir « exclure des militants du Pastef » de son administration. Aucune réaction officielle n’est venue du ministère.
D’autres sources avancent une explication différente : les démêlés judiciaires d’Ousmane Cissé dans une affaire d’injures en ligne présumées, qui l’oppose au directeur de l’hôpital Aristide Le Dantec.
Interrogée sur d’éventuelles motivations politiques, la présidence répond par la négative. « S’il y avait des soubassements politiques, beaucoup plus de personnes seraient concernées », affirme Bassirou Dieng, du pôle communication de la coalition Diomaye président.
Mais la question se pose régulièrement. En février, Bassirou Kébé avait été limogé de la SN-HLM. En mars, le rappeur Kilifeu avait été remplacé à la tête du Grand Théâtre. Dans les deux cas, il s’agissait de proches d’Ousmane Sonko. Une série qui alimente les interrogations sur d’éventuelles tensions au sein de l’exécutif sénégalais.

