Zambie–États-Unis : 1,5 milliard de dollars pour la santé, mais le contenu de l’accord reste sous le sceau du secret

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L’accord est signé, les financements annoncés. Mais à Lusaka, les conditions du partenariat sanitaire conclu avec Washington continuent de susciter des interrogations. La Zambie et les États-Unis ont officialisé, jeudi 8 octobre 2026, un programme de coopération prévoyant 1,5 milliard de dollars d’aide américaine sur cinq ans. En contrepartie, la contribution financière zambienne doit atteindre près de deux milliards de dollars. Reste une question sensible, que prévoit exactement le texte ?

Le partenariat doit soutenir des programmes sanitaires essentiels, de la prise en charge du VIH à la lutte contre le paludisme et la tuberculose, en passant par l’accélération de la vaccination. Pour les autorités zambiennes, cet apport doit contribuer à maintenir les services de santé et à consolider le système national. Mais les conditions de mise en œuvre de l’accord, dont le texte définitif n’a pas été rendu public, alimentent les demandes de clarification.

Les négociations entre les deux pays ont longtemps achoppé sur le partage de données médicales et d’échantillons biologiques. Un sujet sensible, qui touche directement à la protection des informations personnelles des patients.

Le ministre zambien de la Santé, Roma Chilengi, affirme que les divergences ont été réglées. L’ambassadeur de Zambie aux États-Unis, Chibamba Kanyama, a précisé que le partage des données serait limité au suivi et à l’évaluation des programmes sanitaires.

Selon le diplomate, les ajustements convenus doivent protéger la vie privée des citoyens tout en préservant une coopération jugée essentielle avec Washington. Ces assurances officielles ne suffisent cependant pas à lever toutes les réserves. Faute d’accès au document final, des organisations de la société civile estiment ne pas pouvoir vérifier la portée exacte des garanties annoncées.

Le volet minier, autre point de friction

Un second différend concernait un éventuel rapprochement entre l’accord sanitaire et la coopération sur les minerais stratégiques, un secteur d’intérêt majeur pour les États-Unis en raison des ressources minières de la Zambie.

Roma Chilengi affirme que son ministère n’a jamais eu connaissance d’un protocole d’accord faisant référence à ces minerais. Une position qui contraste avec la communication américaine. Dans un communiqué publié en décembre dernier, l’ambassade des États-Unis en Zambie avait évoqué une « contrepartie en matière de collaboration dans le secteur minier ».

Cette perspective avait conduit Lusaka à contester, en mai, le principe d’un tel lien entre santé et ressources minières. Le gouvernement zambien assure désormais que les discussions sur ce dossier se poursuivent séparément avec Washington. Les contours de cette coopération restent toutefois à préciser.

La signature de l’accord n’a donc pas clos le débat. Pour plusieurs organisations, l’enjeu est désormais d’obtenir la publication du texte et de soumettre ses dispositions à un examen parlementaire.

Josiah Kalala, directeur de l’ONG Chapter One Foundation, juge insuffisantes les assurances du gouvernement tant que les citoyens et leurs représentants n’ont pas accès à la version définitive. Il réclame davantage de transparence sur les engagements pris au nom du pays.

Ses préoccupations portent notamment sur les conséquences que certaines clauses pourraient avoir sur la continuité des soins. Si des financements venaient à être interrompus brutalement, les autorités devraient pouvoir expliquer les mesures prévues pour protéger les patients et maintenir les services essentiels.

La question est d’autant plus importante que le système de santé zambien reste dépendant de l’aide étrangère. Pour les organisations critiques, l’enjeu dépasse donc le montant des financements annoncés : il s’agit de connaître les obligations auxquelles Lusaka souscrit et les garanties prévues en cas de rupture du partenariat.

Avec 1,5 milliard de dollars promis sur cinq ans, l’accord représente un apport financier majeur pour le secteur sanitaire zambien. Mais tant que son contenu restera inaccessible au public, les questions sur la protection des données, les éventuelles contreparties minières et la continuité des soins continueront de peser sur ce partenariat.

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