La finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 a basculé dimanche soir sur une séquence de tension extrême qui restera à jamais dans l’histoire de la compétition. Alors que le score demeurait nul dans les toutes dernières secondes du temps réglementaire, une décision arbitrale a provoqué une onde de choc sur la pelouse du stade Prince Moulay Abdellah de Rabat.
À la suite d’un contact dans la surface sénégalaise, l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo a accordé un penalty au Maroc après consultation de la VAR. Brahim Diaz, joueur du Real Madrid et jusque-là héros des Lions de l’Atlas, se trouvait au cœur de l’action. Accroché par El-Hadji Malick Diouf, il s’est effondré, une chute jugée excessive par le camp sénégalais. La décision a immédiatement déclenché la colère des Lions de la Teranga, déjà méfiants à cause des soupçons d’arbitrage favorable au pays hôte.
Sous la fureur des tribunes, plusieurs joueurs sénégalais ont quitté la pelouse pour protester, imités par leur sélectionneur Pape Thiaw. Pendant de longues minutes, la finale a semblé au bord de l’arrêt définitif. La tension a gagné les gradins, où des supporters ont jeté des sièges sur le terrain, tandis que les forces de l’ordre se déployaient pour contenir les débordements. Même la tribune de presse a été gagnée par l’agitation, des altercations ayant éclaté entre journalistes marocains et sénégalais.
Dans ce chaos, une figure a émergé pour ramener le calme : Sadio Mané. Le capitaine sénégalais, déjà décisif tout au long du tournoi, a multiplié les échanges avec Walid Regragui et l’ancien sélectionneur Claude Le Roy, présent comme consultant. Puis, dans un geste fort de leadership, il a couru vers les vestiaires pour convaincre ses coéquipiers de reprendre le match. Son intervention a permis la reprise du jeu, sous un silence lourd et électrique.
C’est dans cette atmosphère irrespirable que Brahim Diaz s’est présenté face à Édouard Mendy. Le stade retenait son souffle. Mais la panenka tentée par le Marocain s’est révélée totalement manquée. Le ballon a terminé dans les bras du gardien sénégalais.
Quelques minutes plus tard, en prolongation, le Sénégal a trouvé la faille et s’est imposé, remportant sa deuxième CAN. Une victoire forgée dans la tourmente, au terme d’une finale où la polémique, la tension et le sang-froid auront autant pesé que le jeu lui-même.
