Sous la pression d’une opposition quasi générale, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a renoncé au projet FIFA Forward Enterprise (FFE), qui prévoyait l’ouverture du capital d’une société chargée de gérer les activités commerciales de l’instance à des investisseurs privés.
Dans un communiqué, le patron du football mondial a reconnu que l’initiative avait profondément divisé les acteurs du football. « Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est devenu clair que le projet a créé des divisions qui ne sont plus dans l’intérêt de l’objectif initial. Notre but a toujours été, et sera toujours, d’unir et de progresser. La proposition ne sera donc pas retenue », a-t-il déclaré.
Présenté le 28 juillet, ce projet visait à lever 4,2 milliards de dollars grâce à la vente d’une participation pouvant atteindre 21 % dans une nouvelle société commerciale. La FIFA espérait ainsi porter à 10 milliards de dollars les ressources consacrées au développement du football au cours des quatre prochaines années.
Le projet a rapidement suscité une forte contestation. L’UEFA a menacé de boycotter les compétitions de la FIFA. La CONCACAF et la Confédération asiatique (AFC) ont ensuite rejeté la proposition. De nombreux responsables du football ont estimé que cette réforme risquait de transformer la Coupe du monde en actif financier au profit d’investisseurs privés.
La pression s’est encore accrue après la démission de Carlos Cordeiro, principal conseiller de Gianni Infantino. L’ancien président de la Fédération américaine de football a jugé qu’une cession d’une part permanente de « l’actif le plus précieux du football » ne se justifiait pas et compromettrait l’avenir de ce sport.
La CONMEBOL a demandé des explications supplémentaires sur la gouvernance et les conséquences du projet. La CAF et la Confédération océanienne ont, pour leur part, invité leurs associations membres à examiner le dossier avant de prendre position.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham s’est également opposé à cette initiative. Il a qualifié le projet de « scandaleux » et estimé que Gianni Infantino n’était « pas la bonne personne pour diriger la FIFA ».
En retirant cette réforme, la FIFA met fin à une controverse qui, en quelques jours, a provoqué une crise majeure au sein de la gouvernance du football mondial.
