La présidence de Gianni Infantino traverse l’une de ses plus importantes crises depuis son arrivée à la tête de la FIFA. Le dirigeant suisse fait face à une contestation grandissante après l’échec de son projet qui porte sur l’ouverture d’une partie des droits commerciaux de l’instance mondiale à des investisseurs privés.
Le projet, évalué à plusieurs milliards de dollars, prévoyait l’entrée de partenaires financiers extérieurs dans le capital commercial de certaines activités liées aux grandes compétitions de la FIFA. Cette initiative a rapidement provoqué une levée de boucliers au sein de plusieurs confédérations, inquiètes d’une possible influence accrue d’acteurs privés sur les décisions stratégiques du football mondial.
Sous la pression, Gianni Infantino a finalement renoncé à cette réforme. Mais ce retrait n’a pas suffi à apaiser les tensions. Au contraire, plusieurs voix réclament désormais un changement à la tête de la FIFA avant la prochaine élection présidentielle prévue en 2027.
L’UEFA et la CONCACAF retirent leur soutien
La fronde est notamment portée par l’Europe et l’Amérique du Nord. L’UEFA, dirigée par Aleksander Ceferin, chercherait à officialiser le retrait de son soutien au président de la FIFA.
Certaines fédérations européennes ont déjà franchi le pas. La Fédération galloise aurait annoncé son retrait, tandis que l’Angleterre envisagerait également une démarche similaire.
En Amérique du Nord, la contestation prend aussi de l’ampleur. Plusieurs membres de la CONCACAF pourraient suivre la même voie sous l’impulsion de son président Victor Montagliani, dont le nom circule comme un possible rival d’Infantino lors de la prochaine bataille électorale.
Un rapport de force encore favorable à Infantino
Malgré cette opposition, la destitution du président de la FIFA reste une opération complexe. L’UEFA dispose de 55 voix, mais un vote de défiance nécessiterait une majorité de 106 voix parmi les 211 associations membres de l’organisation.
Les opposants à Infantino doivent donc convaincre au-delà des blocs européens et nord-américains. La Confédération africaine de football (CAF) demeure notamment un soutien important du président sortant. Plusieurs fédérations nationales d’autres régions ont également continué à afficher leur confiance envers lui.
Cette situation montre une fracture profonde au sein du football international. D’un côté, les grandes puissances économiques du football mondial contestent la stratégie commerciale d’Infantino. De l’autre, le président de la FIFA conserve un réseau d’alliances basé sur le poids électoral des fédérations africaines et asiatiques.
Une bataille politique mondiale annoncée
Face à la contestation, Gianni Infantino et son entourage évaluent désormais leurs soutiens afin de mesurer leur capacité à résister à cette offensive.
Si l’UEFA et la CONCACAF parviennent à convaincre suffisamment de fédérations d’autres continents, elles pourraient tenter de provoquer un Congrès extraordinaire de la FIFA pour engager une procédure politique contre le président en exercice.
Pour l’heure, rien n’est encore joué pour Infantino, qui conserve son fauteuil. Mais la crise actuelle fissure un pouvoir qu’il avait patiemment construit. L’opposition désormais déclarée pourrait remodeler les rapports de force au sein de l’instance dirigeante.
