Guinée : Conakry réclame à la France les objets de Samory Touré

La Guinée a officiellement engagé une démarche diplomatique auprès de la France pour obtenir la restitution de plusieurs biens culturels ayant appartenu à l’Almamy Samory Touré. Parmi les pièces réclamées figurent des sabres, des objets royaux et des manuscrits aujourd’hui conservés, pour certains, au Musée de l’Armée, aux Invalides à Paris.

Selon le ministre guinéen de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, cette initiative s’inscrit dans une logique de « diplomatie culturelle » fondée sur le dialogue et le respect mutuel, plutôt que sur un rapport de force. Il souligne toutefois qu’un important travail d’identification reste nécessaire, de nombreuses œuvres guinéennes étant encore dispersées dans des collections étrangères et insuffisamment répertoriées.

Dans cette perspective, une mission officielle s’est récemment rendue en France afin d’inspecter plusieurs objets susceptibles d’être concernés par cette demande de restitution.

Le dossier guinéen s’inscrit dans un mouvement plus large observé sur le continent africain. Le Bénin fait figure de pionnier en la matière. Après avoir lancé en 2016 une procédure de restitution des trésors royaux d’Abomey, le pays a obtenu le retour de 26 œuvres en 2021. Les autorités béninoises ont depuis constitué un comité scientifique chargé d’appuyer une nouvelle demande portant sur 35 objets et archives supplémentaires.

D’autres États suivent également cette voie. Le Sénégal revendique la restitution des biens du trésor de Ségou, tandis que l’Algérie réclame les effets personnels de l’émir Abd El Kader. Hors d’Afrique, le Mexique a lui aussi demandé le retour de deux manuscrits aztèques conservés en France.

À Paris, un projet de loi visant à faciliter l’examen des demandes de restitution est actuellement en discussion au Sénat. Les spécialistes rappellent toutefois que la France n’a ratifié la Convention de l’Unesco sur la restitution des biens culturels qu’en 1997. Cette ratification tardive limite la portée juridique de ce texte pour les spoliations intervenues durant la période coloniale, ce qui explique que de nombreuses restitutions reposent encore sur des accords politiques ou des prêts de longue durée plutôt que sur des transferts définitifs de propriété.

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