L’influenceur anti-occidental Kemi Seba comparaît ce lundi 20 avril devant un tribunal sud-africain. Arrêté le 13 avril à Pretoria, le Franco-Béninois de 44 ans est en détention provisoire. À ses côtés, l’un de ses fils et un citoyen sud-africain accusé de l’avoir aidé à rejoindre illégalement le Zimbabwe.
La justice sud-africaine doit d’abord se prononcer sur une question d’immigration irrégulière. Selon son entourage, Kemi Seba réside en Afrique du Sud depuis environ cinq mois, mais son visa a expiré il y a deux mois. Il se préparait à traverser la frontière avec le Zimbabwe au moment de son interpellation.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. La police sud-africaine mentionne une opération d’infiltration menée avec Interpol, qui a permis de localiser et d’arrêter l’influenceur. Kemi Seba est en effet sous le coup de deux mandats d’arrêt internationaux émis par le Bénin, son pays d’origine, pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État » et « blanchiment d’argent ». Il avait soutenu la tentative de coup d’État avortée au Bénin en décembre dernier.
Si l’Afrique du Sud affirme qu’une procédure d’extradition est en cours, une source proche du dossier tempère. Pour ce dernier, il y a très peu de chances qu’elle aboutisse, en l’absence d’accord bilatéral d’extradition entre le Bénin et l’Afrique du Sud.
Les avocats de Kemi Seba vont tenter de régler cette question au plus vite et demanderont sa libération. S’il recouvre la liberté, l’influenceur pourrait choisir de rester en Afrique du Sud, ou bien rejoindre le Niger, dont il est en possession d’un passeport diplomatique. La junte nigérienne, hostile à la France et proche de la Russie, lui a octroyé ce document.
L’audience de ce lundi est très attendue. Le sort de l’influenceur aux 1,5 million d’abonnés pourrait basculer d’un instant à l’autre.

