À Lomé, treize détenus de la prison civile ont entamé une grève de la faim pour dénoncer leur situation qu’ils jugent « incompréhensible ». Condamnés à dix ans de prison à la suite de leur arrestation fin 2018 lors de manifestations contre le pouvoir, ils estiment être maintenus en détention malgré une décision judiciaire en leur faveur.
Et pour cause, en février 2026, la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé avait pourtant ordonné leur mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire, dans l’attente de l’examen de leur pourvoi en cassation. Près de trois mois plus tard, cette décision n’a toujours pas été exécutée.
Face à ce blocage, les détenus affirment ne disposer d’aucun autre moyen de pression que leur propre corps pour se faire entendre. Leur action intervient dans un climat de tension autour du respect des décisions de justice.
Selon leur avocat, Maître Darius Atsoo, cette situation relève d’un dysfonctionnement institutionnel. Il estime que le parquet général outrepasserait ses prérogatives en ne mettant pas en œuvre la décision rendue par les magistrats de la chambre d’instruction. Il dénonce une situation qu’il juge contraire aux principes du droit procédural.
La défense affirme avoir saisi la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), qui aurait entrepris des démarches auprès du parquet et du ministère de la Justice. Malgré ces interventions, aucun changement n’a été constaté à ce stade.
Les avocats des détenus parlent désormais d’une détention potentiellement arbitraire, estimant que la situation pourrait créer un précédent préoccupant pour l’État de droit. Ils demandent l’application immédiate de la décision de février.
En 2023 déjà, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) avait recommandé la libération de ces mêmes détenus, sans que cette décision ne soit suivie d’effet, selon leurs défenseurs.
