L’agriculture béninoise vers la prospérité : tripler les rendements, nourrir le continent

« Quand un agriculteur sait que sa vieillesse sera assurée et que sa récolte est protégée contre les aléas, il investit différemment. Il se projette dans l’avenir. C’est le début du cercle vertueux ». Tels sont les mots du président élu, Romuald Wadagni.

Ce cercle vertueux, justement, commence à se lire dans les indicateurs agricoles des dix dernières années. En effet, en dix ans, les périmètres irrigués ont été multipliés par quatre. La production de riz, qui était de 204 000 tonnes avant 2016, a atteint 525 000 tonnes en 2025. Celle du soja a triplé. Par ailleurs, plusieurs milliers de kits de tracteurs subventionnés ont été distribués.

Dix ans de révolution verte silencieuse

Les périmètres irrigués ont été quadruplés : de 6 200 hectares en 2016 à plus de 26 000 hectares en 2025. Les superficies mécanisées atteignent 400 000 hectares. La production de riz a doublé, celle du soja triplé. Huit interprofessions agricoles ont été structurées. Ce n’est plus l’agriculture de nos grands-parents — c’est une agriculture en marche vers la modernité.

La grande innovation : protéger ceux qui nourrissent le pays

L’agriculteur béninois prend des risques considérables chaque saison sans filet de sécurité. Le programme Wadagni propose un dispositif inédit de protection sociale agricole : assurance contre les aléas climatiques, épargne forcée, et retraite agricole. La production sera répartie en trois parts : revenu immédiat, remboursement des intrants, et fonds de prévoyance et de retraite. Un mécanisme de rachat partiel des récoltes garantira un prix plancher aux producteurs.

Tripler les rendements : l’ambition semencière

Un nouveau dispositif d’encadrement combinera semences à haut rendement, intrants de qualité, mécanisation et pratiques agricoles améliorées. L’objectif affiché est audacieux : tripler les rendements du manioc et du maïs, doubler ceux du cajou, riz, soja et karité. Ces chiffres s’appuient sur des expériences pilotes déjà réalisées dans plusieurs communes béninoises.

Du champ à l’usine : la transformation locale comme priorité

Un fonds de développement industriel financera des unités de transformation dans chaque pôle territorial. Le coton deviendra du tissu béninois. La noix de cajou sera décortiquée et conditionnée localement. Le karité deviendra du beurre raffiné pour les marchés cosmétiques internationaux. Fini d’exporter des matières premières brutes à bas prix pour les réimporter transformées à prix fort.

Le crédit agricole en 48 heures

Une Plateforme Nationale d’Inclusion Financière permettra aux agriculteurs d’obtenir un prêt en ligne en moins de 48 heures, sur la base de leurs données financières et comportementales : paiements mobiles, revenus passés, historique de remboursement. Pour un producteur, cela signifie obtenir les intrants nécessaires en début de saison sans attendre des semaines de traitement bancaire.

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