La crise xénophobe en Afrique du Sud a déjà des conséquences concrètes. Mercredi, un premier contingent de Ghanéens évacués a foulé le sol d’Accra.
Au total, 26 Ghanéens, détenus auparavant par les autorités sud-africaines pour des infractions liées aux visas, ont été accueillis à l’aéroport par le ministre ghanéen des Affaires étrangères, dans une ambiance patriotique rythmée par des chants diffusés à plein volume.
Selon les autorités ghanéennes, près de 800 ressortissants devraient être rapatriés dans les prochains jours. Cette opération intervient après une vague de manifestations et de violences visant les étrangers, qu’ils soient en situation régulière ou irrégulière.
Parmi les personnes rapatriées, plusieurs racontent avoir tout perdu. L’un d’eux affirme que son salon de coiffure installé dans un conteneur a été pillé après le début des attaques. Craignant pour sa vie, il explique avoir préféré fuir et abandonner ses biens.
Face à cette situation, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a annoncé une aide spéciale décidée par le président John Dramani Mahama. Les rapatriés devraient bénéficier d’une allocation de transport ainsi que d’une aide à la réintégration.
De leur côté, les autorités sud-africaines assurent que la majorité des personnes concernées étaient en situation irrégulière, beaucoup ayant dépassé la durée légale de leur visa. Toutefois, le haut-commissaire du Ghana en Afrique du Sud critique les retards administratifs dans le traitement des renouvellements de permis de séjour.
Par ailleurs, depuis plusieurs semaines, un groupe citoyen réclame l’expulsion des migrants sans papiers avant le 30 juin, faisant craindre une nouvelle flambée de violences similaires à celles qui ont déjà coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes dans le passé.
Dans plusieurs villes sud-africaines, notamment à Durban, des centaines de migrants originaires de pays africains ont cherché refuge après avoir affirmé avoir été menacés par des habitants exigeant leur départ.
Le gouvernement sud-africain affirme renforcer les contrôles migratoires tout en appelant la population à ne pas se faire justice elle-même.
