Kenya : la justice suspend le projet américain de centre de quarantaine Ebola

Au Kenya, la justice a suspendu temporairement le projet américain visant à installer un centre de quarantaine Ebola sur le territoire kényan. Une décision qui intervient après une vive polémique dans le pays autour de cette coopération sanitaire avec les États-Unis.

La Haute Cour du Kenya, par la voix de la juge Patricia Nyaundi, a ordonné jeudi la suspension de l’accord jusqu’à l’examen complet du recours déposé contre ce projet. Les autorités kényanes ne pourront donc accueillir aucune personne exposée au virus Ebola ou infectée dans le cadre de ce dispositif provisoirement bloqué.

Quelques heures plus tôt, la Maison Blanche avait annoncé la création au Kenya d’un centre destiné à placer en quarantaine des citoyens américains potentiellement exposés au virus Ebola. Washington prévoyait également de ne pas rapatrier immédiatement les personnes développant des symptômes, mais de les transférer vers un pays tiers.

Cette annonce a rapidement provoqué de nombreuses réactions au Kenya. Des professionnels de santé, des juristes ainsi que plusieurs figures de l’opposition ont dénoncé les risques liés à l’installation d’un tel centre dans un pays qui ne compte actuellement aucun cas confirmé d’Ebola.

L’Institut Katiba, organisation kényane de défense des droits humains, a saisi la justice pour contester le projet. L’organisation estime que cette initiative soulève d’importantes questions constitutionnelles liées au droit à la santé, à la transparence administrative et à la participation du public dans les décisions nationales sensibles.

Les critiques redoutent notamment que cette installation expose inutilement le Kenya à des risques sanitaires supplémentaires et mette sous pression les capacités locales de préparation aux épidémies. La prochaine audience dans ce dossier est fixée au 2 juin.

Une controverse qui tombe au plus mal, alors que l’épidémie d’Ebola progresse encore en République démocratique du Congo. Selon les autorités sanitaires congolaises, plus de 1 000 cas suspects ont déjà été recensés depuis la déclaration de l’épidémie le 15 mai. Le bilan officiel fait état de 121 cas confirmés et de 17 décès liés à la souche Bundibugyo du virus Ebola.

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