Après les divergences évoquées par Sonko avec le président Faye, Aminata Touré rassure l’opinion. Invitée de RFI ce mercredi matin, l’ancienne Première ministre a affirmé que la rupture politique entre les deux hommes ne remet pas en cause les engagements de gouvernance pris devant les Sénégalais.
Au cœur des tensions figure la question de la reddition des comptes, un pilier du programme porté par Pastef lors de l’élection présidentielle de 2024. Face aux interrogations sur une éventuelle inflexion de la ligne présidentielle, Aminata Touré a rejeté toute idée de recul. « Pourquoi dire que c’est la fin de la reddition des comptes ? Peut-être que c’est au contraire le début d’une reddition des comptes conforme à l’indépendance de la justice », a-t-elle déclaré.
L’ancienne ministre de la Justice a insisté sur la nécessité de distinguer les procédures judiciaires de toute logique politique. Selon elle, la volonté de sanctionner les fautes de gestion ne doit pas se transformer en chasse aux adversaires. « La reddition des comptes ne veut pas dire règlement de comptes », a-t-elle martelé, rappelant que seule la justice est habilitée à établir les responsabilités individuelles. « Vous pouvez avoir un adversaire politique que vous n’aimez pas. Cela ne suffit pas pour qu’un juge le condamne », a-t-elle ajouté.
Concernant la dette publique, autre point de désaccord soulevé par Ousmane Sonko, Aminata Touré a défendu une approche pragmatique du gouvernement. Pour elle, les discussions avec le Fonds monétaire international et les partenaires financiers répondent à une nécessité économique plutôt qu’à une orientation idéologique.
La responsable politique reconnaît toutefois que le terme de « restructuration » de la dette demeure sensible au Sénégal, en raison des souvenirs laissés par les programmes d’ajustement structurel des années 1980. Elle privilégie ainsi la notion de « reprofilage » de la dette, estimant que l’objectif est de construire une solution viable pour les finances publiques sans compromettre les acquis sociaux.
À travers cette sortie médiatique, Aminata Touré cherche à préserver l’image d’un pouvoir toujours engagé en faveur de la transparence, tout en réaffirmant l’attachement du président Bassirou Diomaye Faye au respect de l’État de droit et à une gestion responsable des défis économiques du pays.
