Nigeria : Boko Haram libère plus de 400 femmes et enfants enlevés

Une lueur d’espoir dans une région martyrisée depuis plus de quinze ans. Samedi 6 juin, Boko Haram a libéré 416 femmes et enfants capturés dans le village de Ngoshe, dans l’État de Borno (Nigeria), ont annoncé des responsables locaux.

Samaila Kaigama, président de la Borno South Youth Alliance (BOSYA), une organisation de jeunesse, a déclaré avoir obtenu cette libération. Mohammed Ali Ndume, sénateur de l’État de Borno, a confirmé l’information à l’AFP.

Niché à moins de dix kilomètres de la frontière camerounaise, dans les collines de Gwoza, le village de Ngoshe est un bastion historique de Boko Haram. Il a été la cible d’attaques répétées des combattants islamistes depuis le début de l’insurrection en 2009.

Pour l’heure, aucune information sur les conditions de cette libération n’a été communiquée.

Rançons : une pratique dénoncée mais persistante

Depuis plus de quinze ans, l’insurrection jihadiste menée par Boko Haram, puis par son rival l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés dans le nord-est du Nigeria.

Les enlèvements de masse suivis de libérations contre rançon sont monnaie courante. Si les autorités nigérianes démentent formellement verser des rançons, de nombreux analystes affirment le contraire.

Selon un rapport de SBM Intelligence, un cabinet de conseil basé à Lagos, environ 1,66 million de dollars ont été versés en rançons entre juillet 2024 et juin 2025 à divers groupes armés du pays : jihadistes, « bandits » et séparatistes.

Une pratique que dénoncent les familles de victimes, souvent contraintes de participer financièrement à la libération de leurs proches, faute de moyens suffisants de l’État.

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