RDC : face à la propagation du virus Ebola, les populations fuient les hôpitaux publics

L’épidémie d’Ebola continue de gagner du terrain dans l’est de la République démocratique du Congo, où les autorités sanitaires et les organisations internationales redoublent d’efforts pour contenir la propagation du virus. À Bunia, principal foyer de l’épidémie, les cliniques privées jouent désormais un rôle central dans l’accueil et l’orientation des patients, alors que de nombreux habitants hésitent encore à se rendre dans les structures publiques de santé.

Craignant d’être contaminés dans les centres de traitement spécialisés, plusieurs malades préfèrent consulter dans des établissements privés. Selon le docteur Sila Jakwonga, directeur médical de la clinique Citadelle, certains patients refusent même d’être transférés vers l’hôpital général de Bunia, où se trouve le centre de traitement d’Ebola. Cette méfiance complique davantage la prise en charge et le contrôle de la maladie.

Les difficultés sont renforcées par le manque de moyens don’t disposent les structures privées. Plusieurs responsables de cliniques dénoncent l’absence d’appui financier ou logistique des partenaires engagés dans la lutte contre l’épidémie. Une situation qui expose davantage le personnel soignant au risque d’infection.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tiré la sonnette d’alarme en signalant une propagation du virus vers de nouvelles zones du nord-est congolais. Depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 15 mai, 676 cas confirmés ont été recensés, dont 136 décès. À cela s’ajoutent 119 cas suspects, tandis que 32 personnes ont été déclarées guéries.

L’OMS estime que l’épidémie est probablement plus étendue que les chiffres actuellement disponibles ne le laissent apparaître. Des cas sont désormais signalés dans plusieurs zones de santé des provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. La forte mobilité des populations et les difficultés de surveillance dans certaines régions favorisent cette expansion.

La capacité d’accueil des centres d’isolement reste insuffisante, et cela constitue une autre inquiétude majeure. Avec environ 250 lits disponibles, les autorités sanitaires craignent de ne pas pouvoir faire face à une hausse rapide du nombre de patients.

De son côté, l’UNICEF redoute une augmentation des contaminations chez les enfants. L’agence onusienne souligne que de nombreux jeunes vivent déjà dans une situation de grande vulnérabilité, notamment en raison de la malnutrition chronique qui touche plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans dans certaines zones affectées.

Alors que l’Ouganda voisin a également enregistré plusieurs cas confirmés, les autorités sanitaires internationales maintiennent un niveau d’alerte élevé et appellent à renforcer la surveillance, la prise en charge médicale et la sensibilisation des populations afin d’éviter une aggravation de la crise sanitaire

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