La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a officiellement rejeté toute modification de la Constitution en République démocratique du Congo (RDC). Cette position a été rendue publique à l’issue d’une table ronde de trois jours organisée à Kinshasa et consacrée à l’avenir institutionnel du pays.
Réunis du 18 au 20 juin, les évêques catholiques ont consulté des représentants de l’opposition, de la majorité présidentielle ainsi que des experts en droit constitutionnel avant de rendre leur conclusion. Pour eux, aucun élément ne justifie aujourd’hui une réforme de la loi fondamentale.
« Nous ne voyons ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité d’un changement de Constitution », a déclaré Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, en lisant la déclaration finale des évêques.
L’Église catholique congolaise exprime également de vives inquiétudes quant aux conséquences d’un éventuel passage en force. Selon la Cenco, une révision constitutionnelle imposée dans le contexte actuel pourrait accentuer les tensions politiques et communautaires. Les évêques mettent en garde contre des risques de fragmentation du pays et redoutent même l’émergence de nouveaux conflits internes.
La conférence épiscopale a ainsi appelé le président de la République, Félix Tshisekedi, à respecter le serment prêté lors de son investiture, notamment celui de défendre et de faire respecter la Constitution. Elle a également invité les responsables religieux à relayer ce message auprès des fidèles à travers le pays.
S’adressant directement aux Congolais, les évêques ont lancé un appel à la vigilance citoyenne. Estimant que « le pays va mal », ils exhortent la population à s’impliquer davantage dans la défense des principes démocratiques et de l’ordre constitutionnel.
Alors que le pouvoir défend l’idée d’une réforme institutionnelle, l’opposition y voit une tentative permettant à Félix Tshisekedi de prolonger son maintien à la tête de l’État au-delà de son second mandat. Face à ce débat de plus en plus sensible, la prise de position de la Cenco pourrait peser dans les discussions politiques à venir.
