Le Ghana avance d’un cran sur le chemin de la justice historique. Les autorités ghanéennes ont annoncé que l’Allemagne et les Pays-Bas s’apprêtent à restituer près de 2 000 objets culturels emportés durant la période coloniale. Cette annonce est intervenue à l’issue de la Conférence sur la justice réparatrice, organisée du 17 au 19 juin 2026 à Accra.
Selon le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, les ambassadeurs des deux pays européens ont présenté au président John Dramani Mahama un catalogue recensant les artefacts concernés. Bien que les autorités n’aient pas encore dévoilé la liste détaillée des œuvres, elles précisent que ces objets possèdent une valeur historique et culturelle majeure pour le Ghana.
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement international de restitution du patrimoine africain conservé dans les musées et institutions occidentales. Pour Accra, il s’agit d’un geste fort en faveur de la reconnaissance des injustices héritées de la colonisation et du retour d’éléments essentiels de l’identité culturelle du pays.
La conférence a également été marquée par un autre acte symbolique. Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a présenté des excuses officielles pour l’implication du Danemark dans la traite transatlantique des esclaves. Copenhague a par ailleurs annoncé son engagement à contribuer à la préservation de plusieurs sites patrimoniaux ghanéens, notamment des forts et châteaux liés à cette période sombre de l’histoire.
Pour les autorités ghanéennes, ces différentes annonces témoignent d’une volonté croissante des anciennes puissances européennes de répondre aux revendications mémorielles du continent africain. Elles constituent également un signal encourageant pour l’accélération du processus de restitution des biens culturels africains dispersés à travers le monde.
