La Fédération argentine de football (AFA) se retrouve au cœur d’une nouvelle controverse en pleine Coupe du monde 2026. Le FBI et des procureurs fédéraux américains ont engagé des vérifications préliminaires sur des mouvements financiers estimés à 260 millions de dollars liés à l’instance dirigée par Claudio « Chiqui » Tapia.
Selon le quotidien argentin La Nación, les enquêteurs cherchent à déterminer si ces flux pourraient relever d’opérations de blanchiment d’argent ou de fraude bancaire. Les investigations portent notamment sur les activités d’une société basée en Floride, TourProdEnter LLC, chargée par l’AFA de gérer l’encaissement de certains contrats commerciaux internationaux.
Cette entreprise, dirigée par le producteur de théâtre Javier Faroni et son épouse Erica Gillette, aurait reçu des revenus issus de partenariats avec plusieurs grandes marques, dont Adidas et Warner. Les comptes bancaires ouverts auprès de plusieurs établissements américains auraient traité au moins 260 millions de dollars liés aux activités commerciales de la fédération.
Une partie de ces fonds attire toutefois l’attention des enquêteurs. D’après les documents consultés par La Nación, environ 57 millions de dollars auraient été transférés à des bénéficiaires dont l’activité économique ou le lien avec le football n’apparaîtraient pas clairement. Parmi eux figureraient des sociétés associées au trésorier de l’AFA, Pablo Toviggino, ainsi que des proches de certains responsables ou des particuliers sans relation connue avec l’institution sportive.
Une enquête relancée après de nouvelles révélations
Le dossier trouve son origine dans les démarches judiciaires engagées par l’homme d’affaires Guillermo Tofoni. Grâce à une procédure judiciaire permettant l’accès à certains documents confidentiels, plusieurs informations bancaires ont pu être examinées.
Une première analyse menée par le FBI en 2024, après un signalement des autorités argentines, n’avait pas permis d’ouvrir une enquête criminelle faute d’éléments suffisants. Le dossier a toutefois été relancé après la publication d’investigations journalistiques sur les circuits financiers liés à la société floridienne.
Trois procureurs fédéraux américains superviseraient actuellement les recherches : Patrick Gushue, Christopher Ting et Michael Berger. Les enquêteurs envisageraient également d’interroger d’anciens responsables gouvernementaux argentins ayant eu accès à des informations sur la gestion de la fédération.
Du côté de l’AFA, l’avocat Mariano Lizardo a rappelé le principe de présomption d’innocence. Il affirme que l’ouverture d’une enquête ne constitue pas une preuve de culpabilité et appelle à attendre les conclusions de la justice.
À ce stade, aucune inculpation n’a été prononcée. Claudio Tapia se trouve actuellement aux États-Unis après avoir obtenu une autorisation exceptionnelle de déplacement, alors qu’il fait par ailleurs l’objet d’une autre procédure en Argentine concernant la gestion de fonds publics.
L’enquête américaine reste donc à ses débuts et devra déterminer si les mouvements financiers relevés correspondent à des opérations commerciales normales ou à d’éventuelles irrégularités.
