Après plusieurs mois de retrait médiatique, Komi Koutché revient dans le débat public. Dans un entretien accordé à Matin Libre, l’ancien ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances s’est prononcé sur les premiers mois de gouvernance du président Romuald Wadagni. Il reconnaît au nouveau chef de l’État des qualités personnelles, tout en estimant qu’il est encore trop tôt pour établir un bilan de son action.
Absent des médias depuis un certain temps, Komi Koutché a choisi de livrer son regard sur la nouvelle présidence béninoise. S’il ne formule pas de jugement définitif sur les premières décisions prises par l’administration Wadagni, il affirme avoir confiance dans les capacités du président.
Selon lui, les relations entre les deux hommes remontent à la passation de charges de 2016. Il dit avoir observé chez Romuald Wadagni « l’authenticité, l’humilité et la sagesse », des qualités qui, à ses yeux, peuvent lui permettre de réussir sa mission à la tête du pays.
« Le temps nous permettra d’aviser »
Sur les premières actions du nouveau pouvoir, l’ancien ministre appelle à la prudence. Pour lui, les annonces et décisions prises depuis l’installation du gouvernement ne permettent pas encore d’évaluer pleinement la direction choisie par le président.
Komi Koutché estime qu’il faudra davantage de recul pour mesurer les effets des réformes engagées. « Le temps nous permettra d’aviser », résume-t-il.
Il évoque également le rapprochement engagé avec certains pays de la sous-région. Selon lui, la reprise du dialogue régional constitue une évolution positive, à condition qu’elle produise des résultats concrets pour les populations.
Un regard nuancé sur l’ère Talon
L’ancien argentier de l’État revient aussi sur les dix années de gouvernance de Patrice Talon. Il reconnaît plusieurs réalisations, notamment dans les infrastructures et la modernisation de l’administration publique.
Il cite entre autres les progrès enregistrés dans la dématérialisation des services publics et l’amélioration de certains processus administratifs.
Cependant, Komi Koutché exprime des réserves sur la perception des performances économiques du pays. Il souligne l’existence d’un débat entre les chiffres de croissance avancés par les autorités et le ressenti d’une partie de la population concernant son niveau de vie.
Sa situation judiciaire et son engagement pour le Bénin
Interrogé sur ses affaires judiciaires, l’ancien ministre affirme vouloir laisser la procédure suivre son cours. Il dit privilégier désormais la sérénité et son engagement au service du pays.
Cette prise de parole suit de près l’installation de Romuald Wadagni à la présidence. Élu le 12 avril 2026 avec 94,27 % des suffrages selon les résultats définitifs proclamés par la Cour constitutionnelle, le nouveau président a prêté serment le 24 mai 2026.
À travers son intervention, Komi Koutché adresse finalement un message de soutien au chef de l’État, tout en rappelant que l’évaluation d’un mandat présidentiel nécessite du temps et des résultats concrets.
