Les plantes dépolluantes purifient-elles vraiment l’air de nos maisons ? La science remet en question une idée populaire

Souvent présentées comme des alliées naturelles capables de purifier l’air de nos habitations, les plantes dites « dépolluantes » connaissent un grand succès depuis plusieurs années. Fougère de Boston, pothos, spathiphyllum ou encore aréca sont régulièrement recommandés pour éliminer les substances nocives présentes dans nos intérieurs. Pourtant, les résultats des recherches scientifiques invitent à nuancer fortement cette réputation.

Nous passons près de 90 % de notre temps dans des espaces fermés, où l’air peut contenir différents polluants provenant des meubles, des peintures, des produits ménagers, des appareils de chauffage ou encore de la fumée de tabac. Parmi les substances les plus fréquemment retrouvées figurent le formaldéhyde, le benzène, le monoxyde de carbone, mais aussi le radon ou certains composés chimiques issus des matériaux de construction.

L’idée selon laquelle les plantes pourraient améliorer la qualité de l’air intérieur trouve son origine dans des travaux menés dans les années 1980 par la NASA. L’objectif était alors d’étudier des solutions de purification de l’air dans des environnements fermés, notamment les stations spatiales. Ces recherches ont montré que certaines plantes étaient capables d’absorber des polluants dans des conditions très contrôlées.

En France, le programme scientifique Phyt’Air, conduit entre 2004 et 2011, a également étudié plusieurs espèces courantes comme la phalangère, le dragonnier et le pothos. En laboratoire, les chercheurs ont observé des réductions importantes de certains polluants, pouvant atteindre 30 à 90 % selon les plantes et les substances étudiées. Les feuilles, les racines et les micro-organismes présents dans le terreau participaient à ce processus d’absorption et de transformation.

Cependant, ces résultats ne reflètent pas la réalité d’un logement classique. Lorsque les scientifiques ont reproduit des conditions proches de celles d’une habitation, avec une ventilation naturelle et des niveaux de pollution réalistes, l’effet des plantes est devenu presque imperceptible. Leur capacité d’épuration existe, mais elle reste insuffisante pour modifier réellement la qualité de l’air intérieur.

Les spécialistes recommandent donc de ne pas compter uniquement sur les plantes pour assainir son logement. La meilleure méthode reste d’aérer régulièrement les pièces, d’entretenir les systèmes de ventilation, de limiter l’usage de produits polluants et de choisir des matériaux moins émissifs.

Les plantes gardent néanmoins une place importante dans nos espaces de vie. Elles apportent une touche de nature, améliorent l’esthétique des intérieurs et peuvent contribuer au bien-être. Mais les considérer comme de véritables filtres à pollution relève davantage d’une idée reçue que d’une réalité scientifique établie.

Rejoignez notre chaîne WhatsApp et recevez l’actualité en temps réel.

Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires