Les organisations américaines opposées à l’avortement intensifient leur présence en Afrique. Elles cherchent à promouvoir une vision conservatrice de la famille et des droits reproductifs. Ce mouvement bénéficie du soutien de l’administration Trump, qui a durci la politique de financement de l’aide internationale liée à la santé reproductive.
En janvier 2026, le vice-président américain JD Vance a annoncé que les États-Unis cesseraient de financer les organisations non gouvernementales internationales qui pratiquent ou soutiennent l’avortement à l’étranger.
« Nous allons désormais bloquer tout financement américain pour toutes les ONG internationales qui pratiquent ou encouragent l’avortement à l’étranger », a-t-il déclaré lors d’un rassemblement anti-avortement à Washington.
Parallèlement, plusieurs associations issues de la droite chrétienne américaine ont considérablement augmenté leurs investissements en Afrique. Selon une étude de l’Institute for Journalism and Social Change, dix-sept organisations ont accru leurs dépenses sur le continent de 50 % entre 2019 et 2022, pour atteindre plus de 16 millions de dollars.
Pour Claire Provost, cofondatrice de l’institut, cette hausse confirme une tendance observée depuis plusieurs années par les défenseurs des droits sexuels et reproductifs en Afrique. « Les montants en jeu sont considérables, tout comme les augmentations », souligne-t-elle.
Ces organisations s’appuient notamment sur des partenariats avec des Églises évangéliques africaines ainsi que sur des responsables politiques partageant leurs convictions afin de diffuser leurs positions sur les questions de société.
Cette évolution intervient alors que de nombreux pays africains restent fortement dépendants de l’aide internationale pour financer leurs systèmes de santé. La réduction des financements américains destinés aux ONG actives dans la santé reproductive pourrait avoir des conséquences importantes sur l’accès aux soins.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 77 % des avortements pratiqués en Afrique subsaharienne ne sont pas réalisés dans des conditions sécurisées. Ces interventions exposent de nombreuses femmes à des complications graves, voire à la mort.
Les acteurs de la santé publique craignent ainsi que la baisse des financements et l’influence croissante des mouvements anti-avortement n’accentuent les difficultés d’accès aux services de santé sexuelle et reproductive sur le continent.
