Le Mali durcit sa politique contre la chicha. Dans une circulaire signée le 21 juillet 2026, le ministre de la Justice, Mamoudou Kassogué, a demandé aux magistrats et aux services d’enquête de faire appliquer strictement l’interdiction visant la chicha, le tabamel, les arômes destinés au narguilé ainsi que les produits et équipements associés.
Selon le document adressé aux chefs de juridiction, aux procureurs, aux juges d’instruction et aux officiers de police judiciaire, les infractions liées à ces produits peuvent désormais entraîner jusqu’à trois ans d’emprisonnement et une amende pouvant atteindre 15 millions de FCFA.
La mesure ne concerne pas uniquement l’utilisation de la chicha. Elle s’étend à plusieurs étapes de la chaîne, notamment l’importation, la fabrication, la distribution, la commercialisation, la vente, la détention, la publicité et même la promotion de ces produits.
La circulaire vise également le tabamel, les arômes utilisés pour le narguilé ainsi que les accessoires considérés comme liés à cette pratique. Les personnes impliquées dans la production ou l’importation de ces produits encourent une peine allant d’un à trois ans de prison, accompagnée d’une amende comprise entre 5 et 15 millions de FCFA.
Pour la distribution et la commercialisation, les sanctions peuvent également atteindre trois ans d’emprisonnement, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 3 millions de FCFA.
La simple détention également sanctionnée
Le texte prévoit aussi des sanctions pour les personnes qui possèdent ces produits. La détention de chicha, de tabamel ou d’arômes destinés au narguilé peut entraîner une peine de trois à douze mois de prison et une amende pouvant atteindre 2 millions de FCFA.
Les établissements utilisés pour stocker ou permettre la consommation de ces produits peuvent également être sanctionnés. Ils risquent une fermeture temporaire de six à douze mois, avec une fermeture définitive en cas de récidive.
Les produits saisis ainsi que les matériels utilisés doivent être confisqués puis détruits, conformément aux dispositions rappelées par le ministère de la Justice.
Dans sa circulaire, Mamoudou Kassogué précise que les sanctions ne découlent pas directement de l’arrêté interministériel adopté récemment, mais de la loi malienne de juillet 2001 relative au contrôle des drogues et des précurseurs.
Le ministère demande ainsi aux juridictions d’appliquer ces dispositions, considérant qu’elles constituent le fondement juridique des poursuites.
Cette interprétation pourrait toutefois faire l’objet de débats devant les tribunaux. Certains spécialistes pourraient notamment s’interroger sur la classification juridique du tabamel, des arômes et des autres produits liés à la chicha au regard des substances officiellement contrôlées par la législation malienne.
