L’alerte n’a duré que quelques secondes, mais elle a suffi à déclencher une double enquête fédérale. Mardi, l’hélicoptère présidentiel Marine One et un avion régional d’Envoy Air se sont retrouvés à une distance inférieure aux marges de sécurité prévues dans l’espace aérien de Washington. À bord de l’appareil présidentiel se trouvait Donald Trump. Selon l’Administration fédérale de l’aviation (FAA), le chef de l’État « n’a jamais été en danger ».
Les faits se sont produits alors que Marine One quittait les environs de la Maison-Blanche pour rejoindre la base de Joint Base Andrews, d’où Donald Trump devait s’envoler pour Los Angeles. Dans le même temps, le vol Envoy Air 3742, opéré pour le compte d’American Airlines à destination de Pensacola, décollait de l’aéroport national Ronald Reagan.
La FAA évoque une « perte momentanée de séparation ». Les premières données montrent une distance d’environ 0,8 mille nautique à l’horizontale et 700 pieds à la verticale, alors que la réglementation impose au moins 1,5 mille nautique et 500 pieds.
Une procédure qui n’aurait pas été appliquée
Le point le plus sensible concerne la gestion du trafic aérien. En temps normal, les déplacements de Marine One entraînent une suspension temporaire du trafic commercial dans la zone. Or, selon plusieurs sources citées par la presse américaine, cette mesure n’aurait pas été mise en œuvre au moment de l’incident.
Cette révélation place la coordination entre les différents services de contrôle aérien au centre des investigations. La FAA a ouvert une enquête interne, tandis que le National Transportation Safety Board (NTSB) a lancé sa propre procédure pour établir la chronologie exacte des événements et analyser les communications entre les pilotes et les contrôleurs.
Un second avion régional a également dû modifier sa trajectoire par précaution avant d’atterrir sans difficulté.
Le spectre de la catastrophe de 2025
Depuis la collision de janvier 2025 entre un avion régional d’American Airlines et un hélicoptère militaire, qui avait fait 67 morts, l’espace aérien autour de l’aéroport Reagan fait l’objet d’une surveillance renforcée.
À l’époque, les auditions avaient déjà mis en lumière des failles de coordination entre les autorités militaires et le contrôle aérien civil. La FAA avait alors durci les règles applicables aux mouvements d’hélicoptères dans la région de Washington.
