Le Parlement ougandais a approuvé, jeudi, une motion soutenant le déploiement de soldats ougandais dans la bande de Gaza, dans le cadre de la future Force internationale de stabilisation (ISF), prévue par l’accord de désarmement conclu à la fin du mois de juillet.
Cette force doit intervenir sous l’égide du Conseil de la paix, une organisation créée à l’initiative du président américain Donald Trump afin de préparer l’après-guerre dans l’enclave palestinienne. Les députés ont ainsi apporté leur soutien à la décision du président Yoweri Museveni d’autoriser l’envoi des Forces de défense populaires de l’Ouganda pour une mission de maintien de la paix à Gaza.
Devant le Parlement, le général Henry Matsiko a salué cette décision. Selon lui, l’armée ougandaise s’impose comme un acteur majeur de la stabilité, aussi bien en Afrique que sur la scène internationale. L’Ouganda ne serait pas le seul pays prêt à participer à cette force. D’après une source du Conseil de la paix citée en juillet par l’AFP, le Maroc, le Kosovo, l’Albanie et le Kazakhstan ont également manifesté leur disponibilité.
La future ISF aurait pour mission d’assurer la sécurité d’une zone humanitaire destinée à accueillir des dizaines de milliers de Palestiniens après un contrôle préalable. Les responsables du projet assurent que les habitants pourront circuler librement à l’intérieur comme à l’extérieur de cette zone. Cette approche continue toutefois de susciter des réserves au sein de plusieurs organisations humanitaires, qui s’interrogent sur le principe de zones sécurisées fermées.
Au sein même du Parlement ougandais, le projet ne fait pas l’unanimité. Le député Karim Masaba a mis en garde contre les risques d’une telle mission. Il estime que l’envoi de soldats dans une région où les frappes israéliennes restent possibles ne doit pas faire l’objet d’une décision précipitée.
Mercredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué qu’Israël n’avait pas accepté la dernière feuille de route proposée pour Gaza, malgré les garanties selon lesquelles le retrait des forces israéliennes n’interviendrait qu’après le désarmement du Hamas.
Le positionnement de Kampala sur ce dossier s’inscrit aussi dans la ligne affichée par le chef de l’armée ougandaise, Muhoozi Kainerugaba. Le fils du président Museveni multiplie depuis plusieurs mois les déclarations publiques en faveur d’Israël sur les réseaux sociaux.
Le week-end dernier, il a inauguré une statue de Yoni Netanyahu, frère aîné de l’actuel Premier ministre israélien. Officier de l’armée israélienne, Yoni Netanyahu avait trouvé la mort lors du raid d’Entebbe en 1976, une opération au cours de laquelle des commandos israéliens avaient libéré plus de cent otages retenus à l’aéroport ougandais. Cette référence historique révèle les liens que les autorités ougandaises actuelles souhaitent mettre en avant dans leurs relations avec Israël.
