L’Union Islamique du Bénin (UIB) a décidé de mettre de l’ordre dans l’accueil des prédicateurs étrangers. Dans un communiqué publié le 8 août 2026, la principale structure faîtière de l’islam béninois a fixé de nouvelles règles pour toute invitation de personnalités religieuses venues de l’étranger.
Cette décision fait suite à une séance de travail tenue le 28 juillet 2026 avec le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. L’objectif affiché est de concilier la liberté de culte avec les impératifs de sécurité nationale. Une équation délicate dans un contexte sous-régional marqué par la menace terroriste et les dérives de certains discours religieux.
Désormais, toute association, organisation, fondation, ONG, mosquée ou centre islamique qui souhaite inviter un prédicateur ou une délégation religieuse étrangère doit en informer le Bureau Exécutif National (BEN) de l’UIB au moins un mois avant la date d’arrivée prévue. Un délai qui laisse aux autorités le temps d’effectuer les vérifications nécessaires.
La notification ne se fera pas à la légère. L’UIB exige un dossier complet : une copie du passeport de l’invité, un curriculum vitae ou une brève présentation, ainsi qu’une note détaillée précisant l’objet de la mission, le programme des activités, les localités concernées et la durée du séjour.
Ces informations permettront à l’Union Islamique d’effectuer les diligences auprès des autorités compétentes. Le communiqué rappelle une règle d’or : aucune activité ne peut débuter avant l’accomplissement préalable des formalités requises. Une mise au point qui sonne comme un avertissement aux structures tentées de contourner les procédures.
Un appel à la responsabilité
L’UIB invite tous les acteurs concernés à observer strictement ces dispositions. L’institution mise sur un esprit de responsabilité, de transparence et de collaboration avec les autorités de la République.
Cette mesure intervient dans un contexte régional sensible. Plusieurs pays ouest-africains, confrontés à l’extrémisme violent, ont renforcé ces dernières années le contrôle des activités religieuses. Le Bénin, longtemps épargné, a connu ces derniers mois des incidents sécuritaires dans le nord du pays. La surveillance des prédicateurs étrangers, parfois vecteurs de discours radicaux, figure parmi les priorités des autorités.
Le président de l’UIB, l’Imam Idrissou L. Boukari, a signé ce communiqué. Un signal fort adressé à la communauté musulmane béninoise et aux structures religieuses. La liberté de culte reste un droit fondamental, mais elle s’exerce désormais dans un cadre plus strict. Une évolution que les fidèles et les responsables religieux devront intégrer, sous peine de se voir opposer une fin de non-recevoir.
