L’Espagne connaît un été particulièrement meurtrier sur le front des fortes chaleurs. Entre le 1er juin et le 19 août 2026, environ 4 500 décès seraient attribuables aux températures élevées, selon les données du système de surveillance de la mortalité quotidienne MoMo, administré par l’Institut de santé Carlos III.
Ce bilan constitue le niveau le plus élevé enregistré sur cette période depuis 2022. Il marque surtout une nette progression par rapport aux deux années précédentes. Sur la même période, 3 073 décès avaient été attribués à la chaleur en 2025 et 1 890 en 2024. L’estimation de 2026 représente ainsi une hausse d’environ 46 % en un an et plus du double du niveau enregistré en 2024.
Le chiffre de 4 500 décès ne correspond pas à un recensement des certificats de décès mentionnant directement la chaleur comme cause. Le dispositif MoMo repose sur un modèle statistique qui compare le nombre de décès observés avec celui attendu afin d’estimer la mortalité supplémentaire associée aux températures élevées.
Ces données sont actualisées quotidiennement par le Centre national d’épidémiologie de l’Institut de santé Carlos III. Elles restent donc provisoires et peuvent être révisées à mesure que les informations sont consolidées.
L’ampleur du bilan illustre néanmoins l’impact des épisodes de chaleur extrême sur la mortalité. Les personnes âgées et celles souffrant de certaines pathologies sont particulièrement exposées lorsque les températures restent élevées pendant plusieurs jours.
La publication de ce bilan coïncide avec une série d’épisodes de forte chaleur qui ont touché une grande partie du territoire espagnol ces derniers mois. Pour les autorités sanitaires, la surveillance de la mortalité constitue un indicateur essentiel pour mesurer les conséquences de ces épisodes au-delà des seuls passages aux urgences ou des hospitalisations.
Le niveau atteint en 2026 rappelle ainsi la vulnérabilité de l’Espagne face aux températures extrêmes. Si l’estimation de 4 500 décès devait se confirmer après consolidation des données, l’été 2026 figurerait parmi les plus meurtriers de ces dernières années en matière de mortalité liée à la chaleur.
