Le secteur agricole confirme son poids dans l’économie du Bénin. En 2025, l’agriculture a contribué à hauteur de 25,4 % au produit intérieur brut (PIB) et généré 59,1 % des recettes nationales d’exportation. Ces chiffres ont été présentés mardi 22 septembre 2026 à Cotonou, lors de la revue de performance du secteur agricole au titre de la gestion 2025.
Cette progression s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plusieurs années. En 2024, la contribution de l’agriculture au PIB béninois était estimée à 24,2 %. La hausse enregistrée en 2025 traduit ainsi le poids croissant du secteur dans l’économie nationale.
Pour accompagner cette évolution, l’État béninois multiplie les mesures de soutien aux producteurs. La subvention des engrais figure parmi les principaux dispositifs. Pour la campagne agricole 2026-2027, le gouvernement a mobilisé 31,875 milliards de francs CFA afin de maintenir les prix des principaux fertilisants à des niveaux accessibles aux producteurs.
Le sac de 50 kg de NPK coton et de NPK vivriers est ainsi maintenu à 17 000 FCFA, tandis que celui d’urée est fixé à 15 000 FCFA. Le KCl et le SSP sont, pour leur part, cédés à 14 000 FCFA le sac de 50 kg.
À cette politique s’ajoutent les efforts consacrés à l’accès aux semences, à la mécanisation et à l’amélioration des techniques de production. Plusieurs filières vivrières ont enregistré des progressions importantes ces dernières années, notamment le riz et le maïs. La filière coton demeure également un pilier de l’agriculture béninoise.
Le Bénin bien positionné dans les engagements de Malabo
La revue de performance a également mis en avant les résultats obtenus en matière de gouvernance agricole et de sécurité alimentaire. Selon les données présentées par la Chambre nationale d’agriculture du Bénin, le pays s’est classé premier dans l’espace CEDEAO et cinquième en Afrique dans l’évaluation finale des engagements de Malabo sur la période 2015-2025. Ce classement avait déjà été confirmé par les résultats de la revue biennale du Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA).
Les acteurs du secteur soulignent également les progrès réalisés dans la couverture alimentaire et la réduction des conflits entre agriculteurs et éleveurs. La part des dépenses publiques consacrée à l’agriculture a atteint 10,93 % en 2025.
Malgré ces avancées, les organisations professionnelles agricoles et les partenaires réunis à Cotonou ont insisté sur plusieurs défis. L’accès aux intrants, au financement et au conseil agricole reste au cœur des préoccupations des producteurs.
Les participants ont également appelé à accélérer la transformation locale des produits agricoles et à faciliter l’accès aux marchés, notamment pour les petits exploitants. Le stockage post-récolte, l’entretien des pistes rurales et l’adaptation aux effets du changement climatique figurent également parmi les priorités.
La performance enregistrée en 2025 devra donc être consolidée par de nouveaux investissements et une meilleure prise en compte des contraintes auxquelles restent confrontés les producteurs. L’objectif est de renforcer durablement la contribution de l’agriculture à l’économie béninoise, tout en améliorant la sécurité alimentaire et les revenus du monde rural.
