La rentrée académique 2026-2027 est annoncée pour le 5 octobre dans les universités publiques et les établissements privés du Cameroun. Au-delà de la reprise des cours, cette nouvelle année universitaire doit aussi permettre de mesurer la mise en œuvre des orientations retenues pour rapprocher davantage la formation du monde professionnel.
Adoptée en juillet 2023, la loi d’orientation de l’enseignement supérieur accorde une place importante à la professionnalisation. Elle encourage notamment les partenariats entre les universités et les entreprises, ainsi que la création des statuts d’étudiant-entrepreneur et d’enseignant-entrepreneur.
Ces dispositifs peuvent offrir aux porteurs de projets un accès à des incubateurs, à du mentorat ou encore à certains aménagements pédagogiques. Mais leur existence ne garantit pas, à elle seule, la réussite d’un projet entrepreneurial.
Pour transformer une idée en activité viable, les étudiants ont aussi besoin d’un environnement favorable. Laboratoires équipés, financement de départ, accompagnement technique, protection de la propriété intellectuelle et accès à un marché constituent autant de conditions susceptibles de déterminer la pérennité des initiatives.
Le rapprochement avec les entreprises pose également la question de la qualité des stages. Une expérience professionnelle réellement formatrice suppose des objectifs définis, un encadrement et une évaluation. Sans ces garanties, la professionnalisation risque de se limiter à une mise à disposition de main-d’œuvre peu ou pas rémunérée.
Des conditions de travail à ne pas négliger
Cette réforme s’inscrit par ailleurs dans un contexte marqué par des revendications dans l’enseignement supérieur public, notamment autour des primes et de la dette académique.
La réussite de la professionnalisation ne dépend donc pas uniquement des nouveaux dispositifs destinés aux étudiants. Elle repose aussi sur les conditions de travail des enseignants et des personnels universitaires. La stabilité de ces conditions constitue un élément important pour permettre aux établissements de développer durablement de nouvelles pratiques pédagogiques et des projets d’innovation.
Au-delà des annonces et des dispositifs réglementaires, l’enjeu sera désormais d’évaluer les résultats obtenus sur le terrain.
Un suivi régulier pourrait notamment rendre publics, établissement par établissement, le nombre de stages réalisés, de projets accompagnés par les incubateurs, d’entreprises créées et d’emplois obtenus six mois après l’obtention du diplôme.
Ces indicateurs permettraient de mesurer concrètement l’écart entre l’ambition affichée par la réforme et ses effets sur l’insertion professionnelle des diplômés.
