Sous pression après une série de revers parlementaires, Pedro Sánchez a décidé de remettre son mandat en jeu. Le Premier ministre espagnol a annoncé lundi 5 octobre la tenue d’élections législatives anticipées le 29 novembre 2026, quelques jours après le rejet par le Parlement de deux mesures destinées à répondre à la crise du logement.
Lors d’une allocution télévisée depuis le palais de la Moncloa, le chef du gouvernement a expliqué vouloir obtenir une majorité parlementaire plus large afin de poursuivre les réformes engagées. Le scrutin devait initialement se tenir en 2027.
La décision intervient après le rejet, vendredi, de deux textes présentés par le gouvernement pour tenter d’apaiser la crise immobilière. Les mesures prévoyaient notamment un renforcement de la protection des locataires vulnérables, un prolongement du gel de certains loyers et un encadrement plus strict des locations de courte durée.
Le gouvernement minoritaire de Pedro Sánchez ne dispose que de 147 sièges sur 350 au Congrès et doit composer avec plusieurs formations pour faire adopter ses textes. Le Parti populaire, Vox et Junts ont notamment contribué au rejet des mesures sur le logement.
Cette défaite parlementaire est intervenue dans un climat social tendu. Des manifestations ont rassemblé des milliers de personnes dans plusieurs villes espagnoles, alors que la question de l’accès à un logement abordable s’est imposée parmi les principales préoccupations sociales du pays.
L’expulsion d’une octogénaire devenue symbole
La contestation a notamment pris de l’ampleur après l’expulsion à Madrid d’une femme de 87 ans, Maricarmen Abascal. Son cas a contribué à cristalliser la colère des associations de locataires et des militants du logement, qui réclament une intervention plus forte des pouvoirs publics.
Le mouvement s’est poursuivi durant le week-end avec des manifestations à Madrid et dans plusieurs villes du pays. Les organisations de défense des locataires dénoncent depuis plusieurs mois la hausse des loyers, la pénurie de logements abordables et les difficultés croissantes rencontrées par les ménages.
Après huit années au pouvoir, Pedro Sánchez aborde cette campagne électorale dans un contexte politique difficile. Son gouvernement minoritaire est confronté à des désaccords avec plusieurs de ses partenaires parlementaires, tandis que des affaires judiciaires touchant son entourage ont également fragilisé sa majorité.
Le Premier ministre entend désormais solliciter directement les électeurs. Il affirme vouloir obtenir une majorité plus large pour poursuivre son programme et mener les réformes qu’il estime nécessaires.
Les Espagnols seront donc appelés aux urnes le 29 novembre, dans une campagne qui devrait se jouer autour du logement, mais aussi de la capacité du prochain gouvernement à dégager une majorité stable au Parlement.
