Le gouvernement béninois défend les opérations d’expropriation et de déguerpissement engagées à Togbin Daho, dans la commune d’Abomey-Calavi, dans le cadre des travaux d’aménagement de la Route des Pêches. Le 24 octobre, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a expliqué que l’occupation des berges et l’obstruction du passage naturel de l’eau rendaient nécessaires les mesures prises par les autorités.
Lancé en 2021, le deuxième volet du projet de la Route des Pêches prévoit notamment le bitumage de la chaussée et de ses bretelles, dont la corniche Est de Cotonou. L’ambition est d’améliorer la circulation, de protéger l’environnement et de valoriser les sites touristiques du littoral entre Cotonou et Ouidah.
Pour Wilfried Léandre Houngbédji, la pression sur cette zone s’est accentuée au fil des années, au point de réduire les espaces naturels nécessaires à l’écoulement des eaux. « Il y a eu un tel engouement aujourd’hui que toute la berge est pratiquement occupée », a-t-il déclaré.
Le porte-parole du gouvernement a également évoqué la présence de mangroves, une végétation protégée qui, selon lui, a déjà retardé d’autres projets d’aménagement. L’occupation des berges constitue surtout, aux yeux des autorités, un risque pour les populations riveraines. « Le plan d’eau est occupé, obstrué même », a-t-il insisté, tout en estimant que les constructions empiètent sur le couloir naturel de l’eau et favorisent les inondations.
Des indemnisations annoncées pour les propriétaires en règle
Le gouvernement affirme vouloir accompagner les personnes concernées par les opérations. Selon le ministre, les propriétaires en règle pourront bénéficier du rachat de leurs biens. Il rejette par ailleurs les accusations selon lesquelles l’État chercherait à exproprier les habitants pour revendre ensuite les terrains à un prix supérieur.
Une fois les opérations achevées, les berges doivent être aménagées pour favoriser la circulation légère et permettre la navigabilité du plan d’eau jusqu’à Ouidah.
Le porte-parole indique également que des échanges ont eu lieu avec les représentants des personnes affectées, en présence des préfets et des maires. Les doléances formulées à cette occasion ont été recueillies et transmises aux autorités compétentes.
Pour Wilfried Léandre Houngbédji, l’intervention de l’État répond à une nécessité. « Si on ne le faisait pas aujourd’hui, ce serait une fuite de responsabilité », a-t-il soutenu.
Si le gouvernement défend ainsi les opérations au nom de l’aménagement du littoral et de la prévention des inondations, les modalités d’accompagnement des personnes concernées restent un enjeu central de cette opération.
