Sénégal : les députés du Pastef rejettent le budget rectificatif du gouvernement

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Sénégal : l’Assemblée nationale valide la révision de la Constitution

Le bras de fer entre le parti Pastef d’Ousmane Sonko et le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye franchit un nouveau cap au Sénégal. Vendredi 24 octobre 2026, la commission des lois de l’Assemblée nationale a rejeté le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2026. Majoritaire à l’Assemblée, le parti d’Ousmane Sonko justifie sa position par le non-respect de plusieurs conditions qu’il avait soumises à l’exécutif.

Dans un communiqué, Pastef rappelle les cinq exigences formulées à l’endroit du gouvernement. Parmi elles figurent la transmission des accords conclus avec la Banque mondiale, après près de deux ans de blocage liés à l’affaire de la dette dite cachée, la réduction du train de vie de l’État et un meilleur encadrement des fonds spéciaux, communément appelés « caisses noires ».

Le parti dénonce également les réductions de crédits prévues dans plusieurs secteurs qu’il considère comme prioritaires, notamment la santé, l’éducation et la formation professionnelle.

Le risque d’un nouveau rejet en plénière

Cette position suscite des critiques au sein de l’opposition parlementaire. Dans un communiqué, la coalition Takku Wallu dénonce une confrontation entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, deux anciens alliés, au détriment, selon elle, de l’intérêt national.

Le projet de loi de finances rectificative doit être examiné en séance plénière mardi 27 octobre. Au regard de la position affichée par Pastef, son adoption apparaît incertaine.

En cas de nouveau rejet, le gouvernement pourrait, selon des spécialistes cités par RFI, recourir à l’alinéa 6 de l’article 86 de la Constitution. Cette disposition permet au Premier ministre d’engager la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale afin de faire adopter le budget sans vote.

Une telle option comporte toutefois un risque politique. Pastef, qui dispose d’une majorité parlementaire, pourrait riposter en déposant une motion de censure susceptible de faire tomber le gouvernement.

L’examen de la loi de finances rectificative s’annonce ainsi comme un nouveau test pour les relations entre l’exécutif et la majorité parlementaire, sur fond de désaccords concernant les priorités budgétaires et la gestion des finances publiques.

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