Le Parlement algérien a accompli un pas notable dans le rapprochement militaire entre Alger et Niamey. Le Conseil de la Nation, la chambre haute du Parlement, a approuvé, dimanche 25 octobre, une motion qui autorise le déploiement de l’armée nationale à l’étranger. Cette décision ouvre la voie à une intervention militaire au Niger, sous réserve de l’approbation de l’Assemblée populaire nationale (APN).
Le vote s’appuie sur l’article 91, alinéa 2, de la Constitution algérienne. Celui-ci prévoit que le président de la République peut décider de l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire à l’étranger, après approbation à la majorité des deux tiers dans chacune des deux chambres du Parlement.
Selon les informations rapportées par la source, le vote des députés de l’APN était attendu dans l’après-midi du même jour. Cette autorisation parlementaire fait suite à une demande des autorités nigériennes et s’inscrit dans le cadre d’un protocole d’accord de coopération militaire signé le 21 octobre entre l’Algérie et le Niger.
La base de Madama dans le viseur
Selon les informations de la source, les troupes algériennes devraient être déployées sur la base militaire de Madama, au nord-est du Niger, à une centaine de kilomètres de la frontière libyenne. Cette installation avait été occupée par les forces françaises jusqu’en 2023, dans le cadre de l’opération Barkhane.
Ce déploiement potentiel aurait lieu dans un contexte sécuritaire tendu au Niger. Le 30 août, au lendemain d’une tentative de putsch contre le général Abdourahamane Tiani, l’Algérie avait déjà apporté un soutien militaire à Niamey. Quatre avions de chasse Sukhoï Su-30, un avion ravitailleur Iliouchine Il-78 et un avion de transport militaire Iliouchine Il-76 avaient alors été envoyés au Niger.
Les autorités algériennes avaient justifié cette assistance par la nécessité de soutenir l’armée nigérienne face à une tentative de déstabilisation du pays.
L’approbation parlementaire du 25 octobre pourrait ainsi marquer une nouvelle étape dans la coopération sécuritaire entre les deux pays. Toutefois, le déploiement annoncé à Madama reste à distinguer de l’autorisation parlementaire. Les informations fournies ne confirment pas encore que les troupes algériennes ont effectivement pris position sur cette base.
