Guinée : le prix officiel de l’essence est fixé à 12 000 GNF le litre

La conjoncture internationale pousse la Guinée à réviser ses équilibres budgétaires. Présenté samedi soir aux députés de la 10e législature, le projet de loi de finances rectificative 2026 doit permettre d’adapter le budget initial aux mutations économiques et sociales, dans un climat de tensions géopolitiques et de flambée des prix du pétrole.

Premier ajustement notable, les prévisions de croissance ont été revues à la baisse de 0,9 point. Le gouvernement table désormais sur une croissance de 8,6 % en 2026, après 7,1 % en 2025. Cette révision tient notamment compte des répercussions de la crise internationale et de la hausse des cours des produits pétroliers, alimentée entre autres par les tensions autour du détroit d’Ormuz.

Alors que plusieurs pays ont relevé leurs prix à la pompe, la Guinée a choisi de maintenir le litre de carburant à 12 000 francs guinéens. Un arbitrage que la ministre Mariama Ciré Sylla présente comme un effort de solidarité envers les populations, destiné à limiter les effets de la hausse des cours mondiaux sur le pouvoir d’achat.

Cette politique a toutefois un coût pour les finances publiques. Selon la ministre, le maintien du prix du carburant nécessite plus de 4 500 milliards de francs guinéens de subventions supplémentaires. À cette enveloppe s’ajoute une provision de près de 913 milliards de francs guinéens pour d’éventuels ajustements des prix des produits pétroliers d’ici à la fin de l’année.

Ces dépenses pèsent sur les arbitrages budgétaires, alors que le gouvernement doit également assurer la poursuite des investissements publics. Certains projets initialement inscrits au budget de 2026 seront ainsi reportés à l’année prochaine. La décision s’explique par un niveau de préparation jugé insuffisant pour permettre leur lancement dans de bonnes conditions.

Plutôt que de multiplier les nouveaux chantiers, l’exécutif entend privilégier l’achèvement des projets déjà engagés. Les investissements concernés par les reports couvrent plusieurs secteurs, sans que la ministre en ait précisé la liste. Il s’agit, comme annoncé, d’approfondir les études et de garantir les conditions nécessaires à leur application en 2027.

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